Démocraties sous influence : de l’Intermédiation à la Corruption

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Ce nouveau dossier de La Vie des idées présente un panorama des pratiques d’influence, d’intermédiation et de corruption entre les sphères publiques et privées des démocraties à travers le monde.

Si l’on a longtemps pensé que les domaines privé et public relevaient de sphères qui devaient demeurer séparées, les dernières décennies ont été, pour reprendre l’expression de Pierre France et d’Antoine Vauchez, le théâtre d’un « grand brouillage ». Ce brouillage s’opère au travers de pratiques aussi variées que l’influence, l’intermédiation ou même la corruption. Si les pratiques qui accompagnent le capitalisme de connivence sont généralement considérées comme illégales et indésirables, il n’en va pas toujours de même de pratiques d’intermédiation et de « lobbying » qui sont au cœur des activités parfaitement légales de cabinets de conseil ou de cabinets d’avocats spécialisés dans le droit dit des affaires. Le mandat de Margaret Thatcher et celui de Ronald Reagan ont en effet inauguré, au début des années 1980, un tournant néo-libéral qui a profondément révolutionné la conception des frontières entre public et privé. Il est désormais considéré comme de plus en plus évident que les logiques de marché et de compétition constituent la façon la meilleure et la plus efficace de gérer les affaires publiques. Cette nouvelle conception du mode de fonctionnement ordinaire de l’État a assez naturellement contribué à battre en brèche l’idée que la défense de l’intérêt public implique de tenir à distance les intérêts privés. C’est dans ce contexte que les firmes les plus importantes du monde se sont dotées d’un arsenal extrêmement varié pour convaincre les acteurs publics de servir leurs intérêts.
À l’heure où la France vient de se doter d’une loi de « moralisation de la vie publique », ce dossier de La Vie des Idées entend explorer la diversité mondiale des formes que prend ce « grand brouillage », dans des pays aussi variés que les États-Unis, l’Inde, la Russie ou la Chine.
Antoine Vauchez évoque dans un entretien la difficulté qu’il y a à distinguer influence, intermédiation ou corruption. Il discute des dangers pour la démocratie française de ce brouillage entre intérêts privés et intérêts publics et de la montée en puissance des façades les plus légales de la chaîne d’intermédiation entre État et intérêts des entreprises.
Christophe Jaffrelot revient, lui, sur la façon dont la libéralisation de l’économie indienne à partir de 1991 est allée de pair avec la montée en puissance d’un capitalisme de connivence. Face à une situation de corruption endémique et systématique de la classe politique, il évoque différentes solutions pour que la plus grande démocratie du monde revienne à des pratiques plus saines. (à paraître)
À partir d’une réflexion sur l’ouvrage Too Big to Jail, Pierre Lascoumes s’interroge sur les capacités de la justice états-unienne à sanctionner les pratiques illégales des plus grandes entreprises. La procédure du « plaider coupable » ne permet en effet que très rarement de révéler la gravité des sanctions commises. (à paraître)

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