Le Bénin, la Macédoine du Dahomey

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En Grèce, gigantesque mobilisation contre la Macédoine. Les Grecs ne veulent pas que l’ex-province yougoslave, qu’ils préfèrent appeler Skopje, porte le nom de Macédoine, qui est aussi celui qui désigne leur province dont la capitale est Thessalonique…
Bizarre, ce qui aurait dû être une raison de fierté, devient une source de méfiance et de conflit. Imaginez les Nigérians qui par centaines de milliers manifestent pour refuser à l’ex-Dahomey que nous sommes d’utiliser le nom Bénin que nous portons aujourd’hui !
Evidemment nous aurons beau jeu de dire que nous avons fait ce choix pour augmenter l’audience internationale et immortaliser cette grande civilisation du Golfe éponyme de l’Afrique de l’Ouest auquel nous appartenons. Les Nigérians, et plus particulièrement les Edo, pourraient nous rétorquer que notre choix était à la fois facile et égocentrique, dans la mesure où depuis que nous l’avons fait nous n’avons jamais manifesté le moindre intérêt historique, diplomatique, ou culturel envers eux. Pour autant, ils n’iront pas jusqu’à nous arracher ce nom dont nous nous sommes affublés pour ne pas regarder en face nos réalités morphologiques, territoriales et politiques. Un nom historiquement pompeux qui relève à la fois d’une coquille vide et d’une fuite en avant. Il est donc invraisemblable que les Nigérians aillent jusqu’à manifester pour nous démasquer et nous débaptiser…
blog1.jpgEn fait ce qui se passe en Grèce ne fait pas pour autant d’elle le contraire d’une nation fraternelle par opposition apparente aux Africains tout au moins sur ce type de questions bénignes. Dans cette région des Balkans si historiquement sensible et marquée par des divisions tenaces, le chevauchement des frontières nationales par une même ethnie finit toujours par mettre le feu aux poudres. Les Grecs soupçonnent leur voisin du Nord de vouloir se saisir de ce nom de Macédoine comme d’un Cheval de Troie pour ensuite, par la magie du nom commun, avancer des revendications territoriales, source de dissensions voire de guerres…
Et comme prévenir vaut mieux que guérir, les Grecs préfèrent être taxés de paranoïa aujourd’hui que de va-t-en guerre demain…

Ahandessi Berlioz

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