Sur le Pillage Pluriséculaire de l’Afrique par l’Occident : Questions Préalables

amonavis
Un jugement trivial, veut que l’Occident se soit développé et enrichi, d’avoir pillé et continué de piller l’Afrique. Mais ce jugement est sujet à caution. En réalité, il est, comme le dirait Kant, paralogique. C’est-à-dire qu’il est « fondé sur des prémisses fausses à partir desquelles s’articule de bonne foi un raisonnement rigoureux et d’une cohérence parfois supérieure à la moyenne. » En clair, il a toutes les apparences de la vérité sans sa réalité.
En effet, par l’absurde, à supposer que l’Afrique ait pillé l’Europe et l’Asie réunies, sommes-nous sûrs qu’elle en serait devenue pour autant riche, organisée et développée comme l’Occident l’est aujourd’hui ? Peu de gens – à commencer par les Africains eux-mêmes – en mettraient la main au feu. Et puis, par exemple, nous savons qu’un pays comme la Corée du Sud, n’a pillé aucun autre pour se hisser au peloton de tête des nations riches du monde. Il y a donc scepticisme sur la question.
La preuve de ce scepticisme est factuelle. Considérez la tourbe infecte de ces chefs d’Etats qui ont pillé ou pillent leur pays – ce qui en Afrique est un quasi pléonasme – les Mobutu, Eyadema, Abacha, Houphouët, Biya, et consorts. Qu’ont-ils fait de constructif avec leurs butins ? Rien ! Cela prouve si besoin en est qu’il n’y a pas de lien de cause à effet entre pillage et utilisation judicieuse du butin qui en découle.
Ce qui nous ramène à notre propos initial, à savoir le caractère paralogique du jugement qui infère l’Etat actuel de l’Occident du pilage des autres continents, notamment l’Afrique. Si ce pillage est effectif et aussi scandaleux qu’indéniable, il n’est pas la raison de l’Etat de développement de l’Occident. En rapport avec le pillage de l’Afrique, sa domination et son exploitation multiforme, il serait plus exact de dire que l’Occident s’est montré capable de s’appuyer, entre autres choses, sur le butin de son pillage pour se développer ; ce qui n’est pas exactement la même chose. Tous les pirates, au soir de leur vie, ne sont pas logés à la même enseigne de prospérité : il y a ceux qui se prélassent dans des palais somptueux, et d’autres qui moisissent dans des asiles pour aliénés et indigents.
Il est important, d’un point de vue méthodologique, de faire cette nuance. Car en Afrique, nous crions volontiers au loup, sans nous préoccuper de notre capacité à organiser, conduire et élever un troupeau. Que ferions-nous si les loups venaient à disparaître ? Nos cris au loup ne nous servent-ils pas de dormitif ou de dérivatif sur nos propres capacités, volontés, dispositions et responsabilités ?
Sommes-nous sûrs que l’arrêt total et inconditionnel du pillage de l’Afrique par l’Occident va nous propulser dans le développement, l’organisation et la prospérité ?

Alan Basilegpo

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