Publié dans amonavis

Afrique, Réseaux et Zéros Sociaux

amonavis

Avant, les gens écrivaient des lettres qu’ils affranchissaient à la poste. On écrivait, et on attendait une réponse, et cela prenait des jours, des semaines et parfois des mois… La patience de l’attente faisait partie du plaisir de lire l’autre – plus ou moins aimé.

C’était le bon vieux temps avant l’arrivée des e-mails. Puis, après, les gens n’écrivaient plus de lettres sur papier ; ils ne communiquaient par écrit que par des mails. C’est le temps de l’Internet qui n’a pas généré un romantisme épistolaire monstre. Et l’usage populaire du mail comme moyen de communication privée a tiré sa révérence sans crier gare. Le mail est venu tuer la lettre, et après avoir feint de s’y substituer, il s’est mis en berne. Ce retrait, provoqué par l’émergence puis la montée en puissance totalitaire du Smartphone et des réseaux sociaux, a  sonné le glas de la communication privée écrite, dont le mail s’est voulu un temps le relais moderne.

Maintenant, plus de lettres, plus de mail ; que le blabla du téléphone et des réseaux sociaux, qui impose le règne de l’instant, de la surface et du lapidaire… Et ce zéro social  s’appelle culture !

L’Occident qui a imposé ces calamités, sait aussi en trouver les antidotes pour lui-même. Le grand laissé pour compte est, comme toujours, l’Afrique qui, en raison de son aliénation symbolique, avait un retard de culture écrite à rattraper, un déficit d’élaboration graphique à combler. Mais malheureusement, une certaine classe, l’élite en tête, a trouvé dans la frénésie ambiante du bavardage et la digitalisation du papotage comme une consécration moderne de ses inclinations et une légitimation technologique du culte de l’oralité, par lequel un relativisme essentialiste a tenté de rationaliser le  déficit symbolique de l’Afrique noire.

Alan Basilegpo

copyright5

 

 

Publicités