Publié dans Histo, Yoruba

Histoire : le point Commun entre les Royaumes de Porto-Novo et d’Ilorin

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Bien qu’elles soient situées dans régions et des pays apparemment différents, Porto-Novo et Ilorin ont un point en commun, qui est d’ordre historique. Historiquement ce sont deux villes que l’on peut sans conteste placer sous le signe éthique de la traîtrise.

Le roi Toffa de Porto-Novo avait accédé au trône, grâce à l’appui du roi Glèlè du Danhomè où il reçut son éducation politique.  Sa mission était d’assurer l’harmonie des relations de Hogbonu avec le Danhomè dont il était vassal.

Mais une fois sur le trône, Toffa préféra en faire  à sa tête,  et contre la soumission au royaume frère du Danhomè, il choisit d’être le chien des Français. La suite de ce choix extrémiste, nous la subissons jusqu’à présent à travers la colonisation et le néocolonialisme français. On pourrait dire que sans cette trahison, la France ou l’Angleterre aurait quand même colonisé le Danhomè. Mais la tâche  n’en aurait pas été aussi facile.

Quant à Ilorin, son histoire peut-être aussi placée sous le même signe de la traitrise. En effet, fondée à la fin du 18ème siècle par les Yorubas, Ilorin devint la capitale d’un royaume qui était vassal de l’empire d’Oyo. Le commandant d’Oyo à Ilorin, Kakanfo (Maréchal) Afonja, mena une rébellion en 1817 qui détruisit l’unité de l’empire. Il a été aidé par Mallam Alimi (un Peuhl de Sokoto),  des guerriers peuhls  et des esclaves Haoussa.

Aussitôt Ilorin libéré de la tutelle d’Oyo, Afonja fut assassiné par ses amis peuls et Ilorin devint un émirat du califat de Sokoto.

En clair, Afonja et Tofa, dans leur ambition rusée, sont tombés de Charybde en Scylla.

Conclusion : si la libération n’a pas de prix, au risque de tomber dans son contraire, il ne faut pas la rechercher à tout prix… Il faut savoir jusqu’à quel point le refus du pouvoir de notre frère aîné ne doit pas nous pousser.

Ilorin

Ilorin, ville, émirat traditionnel et capitale de l’état de Kwara, dans l’ouest du Nigeria, sur la rivière Awun, un affluent mineur du Niger. Fondé à la fin du 18ème siècle par les Yorubas, il devint la capitale d’un royaume qui était un état vassal de l’empire Oyo. Le commandant d’Oyo à Ilorin, Kakanfo (feld-maréchal) Afonja, mena une rébellion en 1817 qui détruisit l’unité de l’empire. Il a été aidé par Mallam Alimi (un Fulani de Sokoto), par des guerriers Fulani et des esclaves, et par des esclaves Haoussa. Afonja était de plus en plus dominé par les Peuls musulmans et, après son assassinat, le fils d’Alimi, Abd as-Salam (Abdul Salami), devint émir d’Ilorin et prêta allégeance (vers 1829) au califat de Sokoto. En tant qu’émirat musulman, Ilorin subjugua plusieurs villes du pays Yoruba et détruisit Oyo Ile (Ancien Oyo, ou Katunga), à 40 miles (64 km) au nord-ouest, la capitale Oyo, en 1837. Abd as-Salam mena un djihad vers la mer et fut seulement arrêté par la victoire d’Ibadan sur ses cavaliers à Oshogbo en 1840.

Tout au long du 19ème siècle, Ilorin a servi de centre commercial important entre les Haoussas du nord et les Yoruba du sud. Il a fortement résisté à la domination britannique, et ce n’est qu’en 1897, lorsque l’armée de la Royal Niger Company est arrivée après la conquête de Bida (106 miles est-nord-est), qu’Ilorin a reconnu la suprématie britannique. En 1900, l’émirat d’Ilorin était la seule partie du pays Yoruba à être incluse dans le protectorat du nord du Nigeria, qui, plus tard dans la période coloniale, devint la province du nord puis la région du nord. Avec la subdivision des régions administratives du pays en 1967, Ilorin est devenu une partie de l’état de West Central (plus tard Kwara).

The history of Ilorin: the Yoruba link

Hogbonu

Un mythe rapporté par la tradition orale veut que la ville ait été fondée par trois chasseurs yoruba venus du Nigeria5. Cette tradition est difficile à relier à des faits historiques établis. Les historiens s’accordent à dire que la ville de Porto-Novo a été fondée dans le courant du xviie siècle par des princes Aja d’Allada dans une zone peuplée de pêcheurs tofinnu sur les rives du lac Nokoué. Après la prise d’Allada par le royaume d’Abomey en 1724, un nouveau royaume se reconstitue autour de Porto-Novo sous le nom « d’Hogbonu » ou « Xogbonu » (xɔgbonu en ayizo-gbe).

Aux xviiie et xixe siècles, la ville connaît un grand essor commercial grâce à sa proximité avec l’océan atlantique sur lequel elle ouvre un port de plus en plus prospère. Elle est utilisée comme débouché par le royaume d’Oyo. En 1730, le Portugais Eucharistus de Campos nomme la ville « Porto-Novo » ( Nouveau Porto) à cause de sa ressemblance avec la ville de Porto. Les relations avec le Portugal et l’Europe sont nombreuses à cause de la traite négrière qui enrichit considérablement la cité. À la fin du xixe siècle, la vile compte environ 15 000 habitants et une forte densité.

En 1863, le roi Sodji signe un traité de protectorat avec les Français. Un second protectorat plus contraignant est conclu le 4 avril 1882 par le roi Toffa 1er, marque la présence de l’installation de l’administration coloniale française. Le 22 juin 1894, les Français créent la colonie du Dahomey, Porto-Novo en devient la capitale, marquant ainsi la fin de l’indépendance de la cité.

Chronologie du royaume de Porto-novo

Aguèmon Badaru

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