Publié dans Essai, Haro

France, l’Idéologie de la Bi-nationalité : Son Image, ses Usages et sa Fonction

blog1

De toutes les nations du monde, la France est la plus férue de l’idéologie de la bi-nationalité. Une Manière ambigüe  de déposséder les autres de ce qu’ils ont de meilleur. Ce dont elle s’accaparait naguère par l’esclavage, la colonisation, la guerre et l’arbitraire ethnocentrique,  elle l’obtient par  l’artifice de  la naturalisation, la schizophrénie  idéologique de la double appartenance qui met en valeur le concept identitaire du Franco-Machin, ou du Bidule-Français. Un Poète, un Sportif,  un Scientifique ou un Savant est-il talentueux ? Dans la mesure où il doit sa réussite à la France, il est subtilement présenté comme Franco-Camerounais, Franco-Marocain, Franco-Sénégalais, etc…. Il s’agit d’un système  d’exfiltration et de transfert eugénique, qui consiste à faire sien, cumulativement ou exclusivement  ce que les autres ont de meilleur. Et bien évidemment, l’Afrique est la plus grande victime de ce vol sournois, travesti sous les dehors de la bonne volonté universaliste.

Naguère, si les œuvres d’art du Danhomè, pouvaient être saisies comme butin de guerre et rapatriées massivement en France, de nos jours, l’art français de s’accaparer des biens des autres nations passe, sur le plan humain, par l’idéologie insidieuse de la double nationalité. L’équipe de France de Football  en est la plus visible illustration, bien que cette idéologique soit plus diffuse dans la vie sociale française.

A ce titre, le Bénin a eu droit à son premier ministre franco-béninois, et a failli avoir son président franco-béninois. Il est vrai qu’en termes de président  franco-africain, Lionel Zinsou n’aurait pas été le premier.   Nicéphore Soglo qui se fait fort d’être le chevalier de la résistance contre la Françafrique, dont il dégaine l’alibi à la moindre occasion politiquement commode, est français, et ne s’en cache pas surtout lorsqu’il faut aller voter pour élire le président de France. Depuis l’indépendance à nos jours tous les présidents sénégalais sont parallèlement français. Au moins sous ce rapport, ils ne cachent pas leur jeu, et assument ouvertement leur mission de nègre de maison.  De même, tous les présidents sénégalais, à l’exception de Macky Sall,  ont une épouse française ; comme le président, Ouattara, l’homme multinational par excellence, militairement et non moins honteusement intronisé par la France.

Comme on le voit, sous les dehors de la bonne volonté universaliste, l’idéologie française de la bi-nationalité à ses usages et sa fonction crapuleux, géopolitiquement déterminés. D’un point de vue sociologique, il vise à franciser le meilleur du monde, et cache le racisme le plus rance, le refus d’accepter que les autres, notamment le Noir soient bons, talentueux, prometteurs, par soi.

Aminou Balogun

copyright5

 

Publicités