Publié dans Haro

Stupeur et Irresponsabilité : Là où le Japonais est Supérieur à l’Africain

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Au Nigeria, l’une des cautions du leader de la renaissance du Biafra,  Nnamdi Kanu, le sénateur Enyinnaya Abaribe, vient de déclarer qu’il ne pouvait être tenu responsable si le chef du groupe sécessionniste IPOB  ne comparaissait pas devant les tribunaux. Nnamdi Kanu devrait normalement  comparaître le 17 octobre.

Voilà donc un élu de la République, qui s’est porté garant  pour la mise en liberté conditionnelle d’un citoyen, et qui tient un tel langage, après coup.  Si le mot irresponsable a un sens, où d’autre peut-il être mieux illustré que dans ce reniement de sa parole et de son engagement ?

Nous parlons souvent du retard de l’Afrique ; et toutes sortes de docteurs et demi-savants assurent connaître les causes du mal. Certains dans leur euphorie à courte vue, n’hésitent pas à nous comparer aux pays asiatiques comme le Japon et la Corée, avec lesquels arguent-ils, naguère nous étions des compagnons de misère. Mais très peu pointent du doigt les causes éthiques de notre retard ; très peu savent ou se doutent que la plus grande différence entre un Japonais et un Africain est moins technologique qu’éthique.

On peut se porter garant d’un  homme qui, comme dans le cas d’espèce, foule aux pieds sa promesse de respecter la loi. Mais renier ses propres engagements en tant qu’élu, voilà qui est un chef d’œuvre d’irresponsabilité. Ce n’est pas au Japon qu’on entendrait ou verrait une telle exhibition d’un si haut degré d’irresponsabilité. Au contraire, dans les mêmes conditions, là où le sénateur nigérian refuse d’assumer ses responsabilités et le dit sans complexe, un élu Japonais serait déjà entré en « stupeur et tremblement », comme un adepte vodou chevauché par sa divinité tutélaire entre en transe. D’aucuns verseraient publiquement des larmes de contrition ; d’autres, dans l’intimité de leur désolation, se suicideraient.

C’est peut-être dans  cet art très éthique où l’individu s’abaisse pour mieux hausser le collectif que le Japonais  est supérieur à l’Africain. Et, cette supériorité, plus que d’autres formes ou aspects apparents, fait toute la différence.

Bánúsó̩ Akandé

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