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Cqfd : Priver les Africains de la Possibilité de Posséder ou de se Pavaner en Voiture

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Le Noir, l’Africain plus exactement, aime bien posséder (et se pavaner dans) une voiture. C’est du reste le sport favori d’une classe douteuse de parvenus, un signe extérieur de richesse plus ou moins mal acquise de nos sociétés bidon, basées sur la loi de la jungle héritée des temps coloniaux.

Mais savons-nous par exemple – et ce n’est qu’un exemple choisi au hasard – qu’aucun Africain n’aurait pu posséder  de voiture si le Blanc ne le voulait ?

Cette question vous en bouche un coin, et je vous entends déjà vous  étrangler d’indignation, en disant : « mais il est givré lui-là ! » Et pourtant c’est vrai !

Démonstration non absurde.

Déjà, si le Blanc n’avait pas inventé ou fabriqué la voiture, l’Africain ne pourrait  en posséder, sans même parler de se pavaner dedans.

Mais plus radicalement, ou idéologiquement, si le Blanc n’avait pas intérêt à ce que le Noir possédât une voiture, eh bien, il en aurait été ainsi ! Car depuis plus de 500 ans qu’il nous domine le Blanc ne permet jamais au Noir de faire ce qui n’est pas dans son intérêt.

À preuve, le fait que le Noir jouisse de liberté au sens réel du mot – et non pas au sens factice – est conçu par le Blanc comme contraire à son intérêt. Aussi a-t-il toujours tout mis en œuvre pour assurer de priver le Noir de sa liberté, la vraie. Cette privation a été jadis brutale et violente, sanguinaire et barbare, ostensible et visible à l’œil nu ; de nos jours, et depuis un peu plus d’un demi-siècle, la privation est devenue plus subtile, moins ostentatoire mais elle n’en est que plus implacable, plus effective et efficace dans son objectif.

Or donc, sachant qu’il est infiniment plus difficile de priver un continent et une race entière de leur liberté, quelle broutille c’eût été pour le Blanc de priver le Noir de la possibilité de posséder une voiture si cette privation, aussi arbitraire soit-elle, avait été dans l’intérêt du Blanc !

CQFD

Cette démonstration doit nous faire réfléchir sur l’état, la valeur et les conditions objectives de notre liberté ; nous amener à nous déprendre de la tendance à la naturalisation trop facile de certains actes dans l’actualité desquels nous ne sommes souvent pas pour grand-chose, et où nous ne nous soucions jamais d’exiger au préalable  la part nécessaire et conditionnelle de notre liberté.

Alan Basilegpo

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2 commentaires sur « Cqfd : Priver les Africains de la Possibilité de Posséder ou de se Pavaner en Voiture »

  1. Je ne comprend pas la notion de race (différente selon la couleur de peau ou le lieu d’habitaiton). Il n’y a qu’une seule race, la race humaine !
    « Or donc, sachant qu’il est infiniment plus difficile de priver un continent et une race entière de leur liberté ».
    Je trouve qu’apporter cette notion amène à penser que certains serait supérieurs à d’autres qui serait inférieures. Le peuple africain possède lui même la force et la possibilité d’améliorer son propre sort…

    1. Je connais suffisamment des originaires d’autres continents et histoires du monde – Européens, Asiatiques (Chinois, Japonais, Coréens, mais aussi Hindou) – pour que mon constat, quoiqu’empirique, ait du poids et du sens. Et quel est-il ? Eh bien ce ne sont que les Noirs, les originaires d’Afrique noire surtout, qui bondissent dès qu’on utilise le mot race. On n’a plus même le droit de dire comme Victor Hugo,  » la race des travailleurs de la mer » par exemple. Ils sont à cheval sur ce discours postmoderne, idéologiquement correct qui égalise tout. L’égalité est très rassurante pour l’Africain. En effet qui dit races, dit différence sinon inégalité. Et en raison de ses œuvres et de la condition dans laquelle l’histoire l’a mis, le black folk, comme le dirait Web Du Bois, a horreur qu’on parle de race. Car, contrairement au Chinois ou à l’hindou que ce vieux concept laisse indifférent, le Noir se sent tout de suite visé, et se fait le chevalier de la bonne conscience unitariste du genre humain. Mais la question de l’unité est à la fois philosophique et organique, et tout dépend du lieu où on place la barre de la distinction ou de l’identité ; à moins d’être un disciple acharné de Parménide… Bien sûr le mot race n’a pas bonne presse historique. Ceux qui l’ont inventé à des usages de domination, d’exploitation et de pillage des races qui, selon eux, étaient inférieures, sont les mêmes qui s’acharnent aujourd’hui à promouvoir le concept d’unité du genre. Mais quand on n’a rien à se reprocher, on n’a pas besoin de tuer un mot quand ce qu’on y met n’a rien d’inhumain, rien de répréhensible. Les races selon l’usage historique qui en a été fait par ceux qui en furent à la fois les inventeurs, les chantres et les défenseurs acharnés, entraînent forcément leur inégalité. Logique que la sociologie reprendra à son compte lorsqu’elle ordonnera les classes sociales.
      A l’appui du discours raciste de la race, développé par des penseurs naturalistes du 18ème comme Linné et Buffon, et surtout du 19 ème siècle – siècle du colonialisme triomphant – avec les philosophes comme Gobineau ou Renan en France, la biologie, ou du moins ce qu’on en savait à l’époque, a servi à étayer la thèse de l’inégalité. Mais on n’a pas besoin d’avoir inventé la poudre pour savoir que cette base inégalitariste du discours de la race était on ne peut plus fonctionnaliste. Il s’agissait de justifier le chantier horrible de la domination de l’homme par l’homme et dont l’inhumanité était immense. Et le fardeau de l’homme blanc était de civiliser les races inférieures, comme si elles étaient dans un abîme d’où il fallait les hisser vers la lumière de la vérité. Les uns étaient primitifs et/ou sauvages, les autres étaient civilisés et/ou supérieurs. La représentation politique de la race relevait, comme le dira Frantz Fanon du manichéisme délirant.
      Mais ce n’est pas parce que les Blancs l’ont inventé pour s’en servir à des fins ignobles que l’idée de race doit être vouée aux gémonies, car leur nouveau parti-pris égalitariste, fut-il légitimé par la science ouverte, n’est pas moins sujet à caution. La preuve, si ce sont encore à leurs plus grands penseurs et chercheurs scientifiques que nous devons la ruine épistémologique du concept de race, c’est quand même dans leur société que les manifestations les plus épidermiques et les plus politisées du racisme s’expriment et se font jour. La question est de savoir quelle est la nouvelle fonction cachée du discours scientifiquement et idéologiquement correct qui consacre la mort des races et l’unité du genre humain.
      Maintenant, pour en revenir aux Africains, pourquoi sommes-nous adeptes et friands de ces discours, plus que la moyenne des autres races, par exemple les Japonais, les Chinois ou les Hindou ? Nous avons peur que l’Homme avec un grand H n’existe pas; car son existence nous assure de notre inclusion dans la grande famille des Hommes avec tous les droits naturels et internationaux qui y sont associés. Supposons que les scientifiques arrivent à démontrer que contrairement aux Blancs, il y a un gène de l’infériorité que possèdent exclusivement les Africains ! Nous ferions quoi ? Pourquoi avons-nous besoin de l’égalité avec les autres avant d’assumer notre consistance de peuples ou de nations ?
      Enfin, dans le sens à la fois poétique et polémique convoqué ici, le mot race réfère un ensemble de peuples unis par un territoire, une histoire, des valeurs communs sur une période de temps suffisamment longue pour conférer une identité anthropologique.

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