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La Société des Arbres.

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Vous croyiez qu’un arbre se limite à des branches et des feuilles ? Entrez donc dans le monde fascinant des épicéas, des tilleuls et des chênes, une forêt d’entraide et de concurrence où les arbres s’épanouissent grâce à mille ingéniosités.

Recensé : Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, Paris, Les Arènes, 2017, 272 p., 20, 90€.

Dans Le Seigneur des anneaux, J. R. R. Tolkien imagine des personnages ressemblant à des arbres, les Ents, qui veillent sur les forêts. S’ils se déplacent et communiquent, ce n’est que très lentement. Pure fantaisie que les Ents ? Pas si sûr, à lire l’ouvrage du forestier allemand Peter Wohlleben, qui nous invite à reconsidérer notre conception « végétative » des arbres.

L’arbre, cet inconnu

D’abord, quelques données fascinantes. Une souche dont le tronc a été coupé il y a quatre ou cinq siècles reste vivante, grâce aux échanges avec les arbres voisins. Comme le révèle la datation au carbone 14, un épicéa de Dalécarlie, en Suède, a atteint l’âge stupéfiant de 9 550 ans. Le faux tremble de la Fishlake National Forest, aux États-Unis, possède un système racinaire qui couvre 43 hectares et compte 40 000 troncs.

Un arbre, ce sont des feuilles, des branches et des racines, mais ce sont aussi les champignons avec lesquels ces racines vivent en symbiose pour coloniser le sol, les contacts avec les racines d’arbres de la même espèce, les échanges d’éléments nutritifs et d’information qui en découlent. Pour sa formation, le tronc mobilise une quantité considérable d’énergie, mais c’est le moyen d’avoir accès, avant les autres végétaux, à la lumière nécessaire à la photosynthèse, et d’échapper aux herbivores.

Ce tronc constitue une performance peu banale. Encore aujourd’hui, on ignore comment la sève brute – eau et minéraux puisés dans le sol par les racines – peut atteindre le sommet à 15, à 25, voire à 40 mètres de haut. Constitué de bois, soit un tissu inerte de cellules mortes, il est la proie des champignons et des bactéries. Il en va de même des tissus vivants, dont la richesse en nutriments attise la convoitise.

Pour se protéger, l’arbre secrète un tissu extrêmement résistant : l’écorce. Que l’écorce vienne à être endommagée, et une course-poursuite s’engage. L’arbre doit tenter de la reconstituer avant que les tissus inertes ne soient sérieusement abîmés et colonisés. La vigueur de l’arbre constitue un élément décisif. Un arbre fragilisé (par un tassement de sol, un stress hydrique ou tout autre événement climatique) risque de perdre la partie.

Autre problème, physique : l’exposition au vent, dont la poussée, lors des tempêtes, peut atteindre 200 tonnes. Les arbres ayant eu une croissance sans accroc possèdent un coefficient de pénétration dans l’air meilleur que celui des voitures les plus performantes, à condition de ne plus avoir de feuilles ! D’où l’intérêt de les perdre à l’automne, mais aussi le danger des tornades estivales.

Des êtres sociaux

Les arbres se révèlent des êtres sociaux capables d’entraide, et la forêt constitue le bon niveau d’observation. Ils forment des communautés et ont co-évolué dans et pour cet environnement. Ainsi, les arbres produisent leur propre environnement protecteur. En cas de tempête, la diversité des troncs va accentuer la résistance. Les arbres n’oscillent pas de la même manière, s’entrechoquent et atténuent ainsi réciproquement les oscillations et les risques d’arrachement. Une monoculture de clones est beaucoup plus sensible aux tornades qu’une forêt naturelle dense.

En cas d’attaque d’insectes, un sujet va secréter des toxines amères qui dissuadent l’ennemi de poursuivre. Elles vont susciter, chez les arbres voisins de la même espèce, la production des mêmes toxines, les protégeant par avance de l’attaque. On peut parler d’un « système d’alerte ». On soupçonne également le transfert de messages électriques dans les membranes des racines. Enfin, il est fréquent qu’un arbre-parent nourrisse par voie racinaire les arbres rejetons qui sont à proximité et qui attendent, à l’ombre, la chute d’un grand arbre pour prendre leur essor. Une sorte de pouponnière, pour assurer le renouvellement en temps utile.

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