
On a entendu un ancien Président béninois dire pince sans rire que le Bénin serait le 37ème État du Nigeria. Ce Président a certes à sa décharge d’être un bradeur hors pair de l’indépendance nationale, une honte pour l’Afrique des N’krumah, des Mandela et des Sankara. Mais il n’est pas le seul à suggérer cette douteuse incorporation.
Fierté, réalisme ou résignation ?
Est-elle basée sur les rapports de taille géographique ou économique ? Ou traduit-elle une dépendance inéluctable et fatale ? Pourquoi la Suisse, aussi petite soit-elle, ne se considère pas comme le 97ème département français, le 17ème land allemand, ou la 111ème province italienne ?
Parce que sa consistance économique, humaine et politique plaide pour elle, et met hors jeu ce type de métaphore de la résignation et de l’aliénation nationale propre aux peuples paresseux.
À un moment où la fédération nigériane craque de toutes parts, et où les Yoruba, qui en constituent la colonne vertébrale, mais surtout les Ibo qui s’y sentent marginalisés clament à tue-tête leur désir de s’élargir, la question mérite d’être posée.
Adekoya Badero
