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La Politique du Coup d’État : retour sur la destitution de Dilma Rousseff

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La destitution de Dilma Rousseff a clos 13 ans de règne du Parti des Travailleurs. Sous les apparences légales de l’impeachment, c’est un véritable « coup fourré d’État » que la droite brésilienne a orchestré.

Jusqu’à une date récente, les pays d’Amérique latine étaient considérés comme la terre d’élection de toutes les formes de ce « populisme » qui se trouve désormais aux portes du pouvoir dans certaines vénérables démocraties occidentales. À première vue, la destitution de la présidente Dilma Rousseff, entérinée le 31 août 2016, semble aller à rebours de la vague observée ailleurs. En lieu et place des pratiques illibérales polonaises ou hongroises, ou des « insurrections électorales » aux États-Unis et en Europe de l’Ouest, on observerait, au Brésil, une démarche inverse : point d’exigence de démocratie directe ou de dictature d’un peuple unanimiste, incarné dans son leader, mais au contraire, la victoire des corps intermédiaires et du droit, en accord avec la protestation citoyenne, sur une présidente censée avoir bafoué le pacte fondamental et, plus largement, sur le Parti des Travailleurs (PT) qui, à la tête de l’exécutif pendant 13 ans, aurait infiltré l’appareil d’État et organisé un vaste réseau de corruption pour rester au pouvoir. Michel Temer, vice-président et successeur de Dilma Rousseff, n’a rien d’un néo-caudillo. Il s’agit d’un juriste cauteleux, familier des coulisses du Congrès. Le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien (PMDB) dont il est issu est un parti de notables qui se présente volontiers comme centriste (devenu, en réalité, très conservateur) et comme la colonne vertébrale du parlementarisme brésilien et de la Nouvelle République qui a succédé à l’autoritarisme du régime militaire (1964-1985).

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