Publié dans Essai

Bénin : Succession de Yayi par Talon, un Relent d’Acte Manqué

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Yayi Boni avait la possibilité d’aider les Béninois à élire un autre président que Talon pour lui succéder ; mais il ne s’en est pas montré capable ; il ne l’a pas fait, ou du moins, par une succession ahurissante de décisions stupides et d’erreurs monumentales, il a failli à ce devoir. Ce qui laisse perplexe quant à son intelligence non seulement politique mais générale ; et on peut s’interroger aussi sur sa valeur éthique, au regard de la trajectoire qui l’a conduit à la tête du pays. Peut-être n’était-il qu’un arriviste farouche, mû par l’ambition personnelle, un de ces gens qui, toute leur vie, jouent des coudes et de la fraude, s’affublent de titres douteux et se hissent à des postes sans commune mesure avec leurs compétences réelles.

En tout cas, ce dernier échec est sans doute le plus cuisant de ceux qu’il a connus dans son aventure présidentielle à la tête du pays ; et celui que retiendra sans nul doute l’histoire. D’une certaine manière, si Yayi Boni est le don de Talon — comme on dit de L’Égypte qu’elle est le don du Nil — Talon est aussi à son tour le don de Yayi : l’un est le fils présidentiel de l’autre et inversement. Car l’accession de Talon au fauteuil présidentiel béninois, qui n’était pas la chose la plus souhaitable éthiquement pour le pays, était loin d’être inévitable. Il a fallu que s’interpose le génie calamiteux et le mystérieux don  de capotage de Yayi Boni pour y parvenir. De telle sorte que cette succession préjudiciable a un relent d’acte manqué.

Adenifuja Bolaji

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