Publié dans Essai, Musique

La Résilience de la Culture Yoruba

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L’histoire des migrations yoruba à l’intérieur comme à l’extérieur du Nigeria où ils sont les plus nombreux est riche d’adaptation, de mélange et d’assimilation des cultures hôtes ou environnantes.

Ce qui est particulier dans la culture yoruba et qui fait sa force c’est cette particulière unité dans la diversité dont elle a fait preuve dans le temps et l’espace, tout au moins sous régional.

Ainsi au Bénin, les peuples dits nago, dans leur diversité appartiennent à la même famille yoruba, mais selon le lieu géographique où ils se trouvent, l’expression de leur identité, que ce soit dans le parler comme dans la culture, notamment les danses, a une coloration bien locale. Cette assimilation et cette persévérance dans l’identité se retrouve parmi les peuples de référence yoruba qu’ils soient d’un côté comme de l’autre de la frontière entre le Nigeria et le Bénin voisin. Ainsi dans l’espace géopolitique considéré indépendamment des frontières héritées du colonialisme qui n’ont aucun sens en soi, autour du noyau yoruba qu’est Oyo, il y à l’est l’actuel Edo, dont la capitale Benin est celle du célèbre et puissant empire du même nom ; à l’ouest au Bénin ( ex-Dahomey), il y a les Fon, du royaume de Danhomè dont la capitale est Abomey. Les Yoruba ont des liens historiques et légendaires avec les Edo, et les Ijebu de même que les Owo qui sont dans leur voisinage immédiat, dans les états d’Ogun et d’Ondo traduisent bien cette résilience de la culture yoruba à travers le temps et l’espace, qui lui permet de ressembler à ses hôtes ou à ses voisins tout en restant elle-même fondamentalement.

La langue, la musique et les danses sont les conservatoires de choix de cette résilience identitaire.

Ainsi les parlers  des Ijebu  et des Owo bien que fondamentalement yoruba trahissent l’influence de la langue edo, de même que leur façon de s’habiller, leurs musiques et leurs danses.

On retrouve le même phénomène d’assimilation au Bénin entre les Fon et les Nago, plus particulièrement les idaas̩a, qui parlent une langue essentiellement yoruba mais où l’influence fon se retrouve par moment, d’un point de vue lexical comme phonologique. De même, malgré leur originalité, les danses idaas̩a imitent volontiers les manières et la structure de base de la danse fon de racine Aja.

Toutes ces nuances et ressemblances peuvent s’observer dans les documents publiés ici.

I. Rythme  « purement » Yoruba

  1. Bata

     2. Gangan ( talking drum) et Bembe

II. Influence Yoruba/Edo

1.Exemple de danse Edo

2. Exemple de danse Owo (Ondo, yoruba)

III. Influence Yoruba/Fon

1.Exemple de Danse Fon

2. Exemple Rythme Goumbé idaas̩a

Alan Basilegpo

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