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Bénin-Politis : Écho des Réseaux Sociaux

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Chronique des réseaux sociaux – 15 janvier 2017

Fermeture de plusieurs médias privés par la HAAC : L’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) en colère

blog1Cette semaine un événement nous a tenus en alerte sur les réseaux sociaux et a donné lieu à quelques échanges verbaux musclés. Il s’agit de la fermeture de plusieurs médias (radio et télévisions) privés.

Les Faits

DECLARATION DE L’UNION DES PROFESSIONNELS DES MEDIAS SUR LA SUSPENSION MASSIVE ET INFONDEE DE MEDIAS AUDIOVISUELS PAR LA HAAC

En qualité d’instance corporatiste à caractère fédéral et syndical des divers métiers de l’information, l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) exprime son indignation face au retard extraordinaire qu’accuse la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) à procéder à la réouverture des médias audiovisuels (radios et télévisions) arbitrairement suspendus. C’est l’occasion pour l’association des journalistes et des corps de la presse de déplorer la brutalité dont a fait montre le Président de la HAAC en prenant la mesure conservatoire la plus calamiteuse de l’histoire.

En effet, nous comprenons  que le Président de notre institution de régulation a voulu tout simplement abuser de la confiance des professionnels des médias qu’il avait rassuré d’un rétablissement des entreprises de presse concernées, ceci au lendemain de la Conférence des Instances de Régulation de Communication d’Afrique (CIRCAF) tenue à Cotonou du 06 au 08 décembre 2016. C’est en créditant le président Adam Boni TESSI de bonne foi que les associations professionnelles ont, non seulement suspendu l’appel au boycott de la couverture médiatique de la CIRCAF lancé à travers un communiqué conjoint en date du 30 novembre 2016, mais aussi, ont participé aux travaux.

S’il est vrai que des textes de lois accordent la possibilité au Président de la HAAC de prendre des mesures conservatoires, il n’en demeure pas moins que les mêmes réglementations ont prévu des démarches à observer, mais qui ont été méconnus par monsieur  Adam Boni Tessi. Dans le cas d’espèce, il importe de se demander si les faits reprochés auxdits organes sont réellement constitués et même s’ c’était le cas, en quoi la suspension peut être la bonne solution? Même si le Président de la HAAC croit mettre en application l’article 55 de la loi organique, il convient de rappeler qu’l’instar de l’article 46 de ce même texte de loi, le Code de l’information et de la communication prévoit des cas de rappels à l’ordre et de mise en demeure que le Président pouvait suivre si les arguments avancés pour suspendre des médias étaient fondés. L’écrivain CHATEAUBRIAND n’a-t-il pas dit CITATION  ‘’Plus vous prétendez compresser la presse, plus l’explosion sera forte. Il faut donc se résoudre à vivre avec elle’’.  FIN DE CITATION.

Pour avoir observé le maximum de patience face à une situation aussi chaotique, les journalistes béninois ont fait preuve de la sagesse nécessaire avant de  découvrir qu’ils ont affaire à un Président de la HAAC qui n’est pas prêt à entendre raison. En organisant le sit-in de ce jour, vendredi 13 janvier 2017, nous exigeons une réouverture sans délai et sans condition des organes victimes de l’excès de zèle d’un Président de la HAAC qui doit être le seul à connaître les motivations réelles de sa décision. Tout en rappelant que cette fermeture arbitraire et en grand nombre de stations de radios et de chaînes de télévision constitue une négation de la liberté de la presse, nous dénonçons une violation du droit du public à l’information. VOLTAIRE nous enseigne à juste titre, CITATION ‘’ Soutenons la liberté de la presse, car c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement’’, FIN DE CITATION.

Non aux décisions anti-peuple !

Non aux attaques contre les libertés !

Non aux suspensions arbitraires des médias !

Plus jamais ça au Bénin !

Cotonou le vendredi 13 janvier 2017

Franck KPOCHEME

 

Analyses

Ce vendredi 13 janvier 2017, nous avons fait écho à un article de Beninpost sur internet et intitulé :

« Fermeture d’organes de presse : pourquoi la responsabilité du Gouvernement est engagée »

http://beninpost.info/index.php?option=com_k2&view=item&id=511:fermeture-d-organes-de-presse-pourquoi-la-responsabilite-du-gouvernement-est-engagee

Et nous ajoutions le commentaire lapidaire suivant :

« Voilà le visage hideux de la nouvelle autocratie. Nous la combattrons énergiquement comme nous avons combattu avec succès  celle de Yayi Boni.

Ensuite l’analyste politique Jacques Maxwel  fait part de son extrême indignation en ces termes :

 »

Les restrictions et les fermetures opérées contre les médias privés montrent clairement que nous sommes dans une autocratie.

  1. Où sont passés tous ces traîtres de la République comme Djogbenou et autres Alcrer qui lors de leur fameux mercredis rouges, n’hésitaient pas à parler de dictature sous Yayi Boni et préfèrent se taire et se goinfrer.

2.-Ces attaques contre les médias, véritable quatrième pouvoir,  visent à museler toute pensée critique au mépris des libertés fondamentales qui sont garanties par la constitution béninoise.

3.- Je salue les récentes déclarations du parti communiste béninois mais il faut aller plus loin.  Talon méprise les Béninois et les institutions de la République.

  1. Une bonne partie des élites de la société civile béninoise est corrompue et ne fera rien contre la détresse des Béninois. Exit Alcrer et autres ONG pantouflardes qui ont choisi la mangeoire que de défendre le peuple béninois!!

Je voudrais exhorter chacun à prendre ses responsabilités pour dénoncer la dictature en place au Bénin qui en l’espace de 9 mois fait pire que Yayi Boni au début de son mandat en 2006. Piller les Béninois et empêcher les Béninois de porter la moindre critique sur la gestion des affaires de l’Etat montrent la face hideuse du Bénin Révélé.

Des médias muselés…!

 » Pour triompher, le mal n’a  besoin que de l’inaction des gens de bien ». Edmund Burke. Une situation encore plus vraie au Bénin Révélé de Patrice Talon.

Tous ces freedom-fighters d’opérette tels les Azanai,  Djogbenou,  Ayadji, Assogba, Atayi ainsi que la classe politique corrompue silencieuse montrent à suffisance, la sécession des élites béninoises contre l’intérêt du peuple.

– Comment expliquer que les parlementaires béninois (censés être les représentants du peuple ! !) sous la direction d’Adrien  Houngbédji ne pipent mot des fermetures illégales des médias béninois et de la mise à  mort sociale des centaines de personnes travaillant dans ces médias?

Les Béninois n’ont que leurs yeux pour pleurer face à la trahison qui s’opère sous leurs yeux.

Mais de notre côté,  nous avons choisi le parti de la Résistance contre l’ignominie qui étreint les Béninois. Nous serons toujours DEBOUT face à cette gouvernance prédatrice qui mange les libertés constitutionnelles des citoyens Béninois.

Un activiste soutien du président tente de défendre son champignon qu’il sent mis en cause :

 »

Bsr M. Maxwell,

J’ai du mal à comprendre les posts chaque fois que  le gouvernement ou les députés sont attaqués  rapport à la fermeture des médias.

Pourtant je crois que nous souhaitons tous l’indépendance de nos institutions.

Souhaitez-vous que le President de la Republique intime l’ordre au Président de la HAAC pour la réouverture de ces médias? Pourquoi ne pas  s’en prendre au seul responsable de cette  fermeture?

Le candidat TALON à pourtant pendant toute sa campagne promis le rééquilibrage du pouvoir des institutions afin de les rendre plus indépendantes. N’est-ce pas une contradiction s’il faisait le contraire?

Pas une seule fois le Président de la HAAC responsable de la fermeture n’a été interpellé à travers les deux derniers posts. C’est un peu curieux quand même pour moi. »

 

La réaction est cinglante de la part des militants des droits de l’homme et arrive en deux temps :

Premier temps :Votre attachement à l’indépendance de nos institutions part sans doute d’une bonne intention.

Mais dans le cas précis dont nous parlons ici, l’argument ne joue pas.

Le président de la république est garant du respect de la constitution et de la sauvegarde de la démocratie.

J’ai diffusé ce matin-même un long et intéressant article de BENINPOST qui montre bien les différents recours possibles du chef de l’Etat.

Et la conclusion coule presque de source quand on voit le silence assourdissant de Patrice Talon et de son gouvernement.

Au mieux ils sont complices ;  au pire, ils sont les vrais donneurs d’ordre.

Qui a dit que nous sommes en face d’une nouvelle autocratie ?

Les patriotes et les militants des droits de l’Homme n’ont pas besoin qu’on leur fasse mille photos pour comprendre ce qui se joue.

Jacques a totalement raison. On ne transige pas avec ces choses-là.

 

Deuxième temps : Voici mes réserves par rapport à vos propos (c’est Jacques Maxwell qui écrit);

  1. Indépendance des Institutions, dites-vous? Balivernes !
  2. Kodja, vous me faites bien rire avec cette histoire à dormir debout d’indépendance de nos institutions. Qui nomme le Président de la HAAC?

Au cas où vous l’ignorez, je vous apprends que c’est le Président de la République. Donc il y a un lien hiérarchique direct entre la HAAC et le Chef de l’Etat béninois. Dans notre système politique, le Président de la République béninoise est la clé de voûte de notre charpente démocratique. Il a des pouvoirs qu’aucune institution au Bénin ne détient. Ceci pour deux raisons qui tiennent à sa légitimité : C’est la seule institution qui détient sa légitimité du suffrage direct des Béninois et c’est aussi la seule institution dont la légitimité est articulée à ce que Saint Thomas d’Acquin appelle « le service rendu » c’est à dire le souci constant de défendre l’intérêt général. On est légitime parce qu’on défend l’intérêt général !

Et en l’espace, Talon ne défend pas l’intérêt du peuple béninois. Mes différents posts sont très documentés à ce propos.

  1. Du complot contre les médias libres au Bénin :

Au plan constitutionnel, le Président de la République est le garant du respect des lois (art. 41). Or il est parfaitement établi que la décision de la HAAC viole la loi organique N° 92-021 DU 21 AOUT 1992 qui encadre les sanctions à imposer à des médias au Bénin notamment en son article 46. Et cet article parle de « mise en demeure ». De quel droit un président d’institution viole la constitution sans que celui qui le nomme et en est le garant du respect des lois au Bénin ne le rappelle à l’ordre?  À qui voudrait-on faire croire cette farce?

Alors que la sanction ne saurait excéder plus d’un mois, depuis 2 mois, des médias sont scellés et les forces de sécurité sont dépêchées pour interdire toute manifestation !

Pourquoi ce silence de Talon alors que des centaines de personnes se retrouvent dans la misère sans revenus? Pourquoi au nom du respect des lois qui en l’espèce n’ont pas été respectées, ne  rappelle t-il pas à l’ordre la HAAC afin que celle-ci rapporte cette sanction illégale? Pourquoi se tait-il devant la détresse des Béninois privés de leur emploi?

N’a t-il pas été élu pour défendre leurs intérêts?

  1. Il coure s’impliquer dans la crise gambienne alors que les médias de son pays sont arbitrairement fermés. Où est la cohérence? La réalité est qu’il est le principal commanditaire de cette cabale contre toute pensée dissidente et critique contre sa gouvernance oligarchique et prédatrice.

 

En guise de conclusion

La journée du samedi se termine par un témoignage poignant d’un patriote qui a assisté à la manifestation de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB).

République en danger

CE QUE J’AI VECU HIER DE LA HAAC À LA BOURSE DU TRAVAIL M’ECŒURE ET INTERPELLE LA CONSCIENCE DE CHAQUE BÉNINOIS.

Trop c’est trop !

En un rien de temps nous sommes tombés si bas, aussi bas que si on ne  prend pas garde, on descendra en chute libre dans l’abîme, malheur à ceux  par qui va venir cette malédiction sur les fils de BEHANZIN, KABA, TOFFA… Où sont passés les ardents défenseurs des libertés chèrement acquises grâce aux multiples luttes au prix du sang ?

Serait-il nécessaire de faire l’inventaire des libertés déjà mises à mal sous l’ère de la RUPTURE ?! Les étudiants sont traités de délinquants, faut-il vraiment l’être pour s’opposer catégoriquement à une  session unique d’examen imposée alors même que les textes du système LMD sont clairs sur le sujet? La session de rattrapage fait partie des fondamentaux du système. N’y a t-il que des voyous qui puissent prendre sur eux la responsabilité philanthrope de défendre vaillamment les causes oh combien nobles de leurs camarades?

Dire que le Chef de l’État qui ne souhaite pas interférer dans la gestion de la crise universitaire se permette quand même de prendre en conseil des Ministres une honteuse décision odieuse pour interdire les activités des structures faîtières des étudiants en violation flagrante de l’article 25 de la constitution du 11 décembre 1990, alors même qu’il n’y avait plus de sujet. Et, ces soit disant délinquants, on  aurait suspendu de l’Université d’Abomey-Calavi 21 parmi eux pour tout le reste du temps que Patrice TALON passera au pouvoir, sans avoir l’outrecuidance de les écouter en conseil de discipline, c’est assez significatif dis donc!!! Que fait-on du droit à l’éducation, est-ce du vent?

Depuis quand les professionnels des médias sont devenus aussi délinquants qu’on le pense des étudiants??

En effet, les travailleurs des nombreuses chaînes fermées abusivement semblent ne plus même avoir la possibilité de tenir un sit-in au siège de l’autorité qui les régule pour crier leur ras-le-bol. Les arguments fallacieux servis au Président de l’UPMB ne peuvent convaincre que les truands du régime.

Mieux, j’ai vu déployer hier une lourde artillerie de matériels des forces de sécurité publique rien que pour empêcher un sit-in. Et, n’eût été notre détermination, on nous aurait dispersés en cours de chemin lorsqu’il s’est agi finalement de tenir la manifestation à la bourse du travail, la maison des grandes libertés.

Pour rappel, c’est une situation du genre qui a  fait tracer la fameuse LIGNE ROUGE le 26 juillet 2016, en ce sens que le Préfet du Littoral nous déniait le droit de faire échouer la marche des étudiants au ministère de l’enseignement supérieur, le ministère de tutelle des étudiants. Mais comme ces derniers savent que nous sommes dans un pays de droit, ils n’ont pas daigné céder aux chantages, vous connaissez tous la suite!

Traiter aujourd’hui les journalistes de cette façon-là me laisse perplexe, me révolte davantage et présage d’une descente aux enfers de la république, celle qui s’étiole déjà.

Je poursuis pour chercher à savoir en quoi le besoin d’agents de police et de gendarmerie pour le déguerpissement impact sur le devoir de l’autorité d’encadrer les manifestations sur la voie publique au point où il faut les interdire.  Cet état de chose constitue aussi  une atteinte grave aux libertés. C’est tout simplement intolérable dans un pays sérieux où les règles démocratiques sont clairement énumérées.

En conséquence, nous avons l’obligation en principe de nous mobiliser et d’occuper les rues tous les jours dans l’ordre et la discipline jusqu’à la restauration totale de toutes les libertés bâillonnées par les apatrides.

La poutinisation de la République est en marche, béninois, bientôt on viendra  t’imposer ta religion, et comme toujours je t’aurais prévenu !!!

Liberté pour Habib AHANDESSI#

Prince Boris AKE

Voilà, chers activistes des réseaux sociaux, l’événement que nous avons souhaité partager avec vous cette semaine.

Paris le 15 janvier 2017

Komlan Rigobert MISSINHOUN

tonanbe@gmail.com

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