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Afrique : Comment Espérer que nos Pays se Développent ?

point-d-interrogation

En Afrique colonisée, — comme le montre le cas typique du Golfe de Guinée — il y eut des ethnies sinon des régions entières qui étaient  soit distantes culturellement et idéologiquement des colonisateurs ; soit, rebelles et allergiques à leur pénétration, elles s’étaient distanciées d’eux. Soit enfin que les centres des établissements coloniaux, proches des côtes, étaient éloignés d’elles. Tous ces facteurs s’étant souvent réunis ont marqué les populations issues de ces régions d’une relative indigence scolaire et en cadres formés, un retard sociologique patent en matière d’éducation, de formation de compétences intellectuelles et techniques.

Or malgré ce déficit historiquement déterminé, et sans chercher au préalable à le combler, paradoxalement, par le truchement de la perversité politique, et sous le frauduleux prétexte de parité, ce sont ces régions qui s’imposent à la tête des structures techniques de direction des pays, s’accaparant sans états d’âme des postes de compétence. Dès lors, les postes de compétence et la compétition aveugle pour leur accaparement sont conçus comme une manière de revanche sur l’histoire et de solution existentielle à motivation purement égoïste.

Quand le commandant du navire n’était qu’un ancien taximan, quand l’architecte n’était qu’un potier, quand le médecin-chef n’était qu’un brancardier, quand le chirurgien en chef n’était qu’un boucher ou un cordonnier, quand parfois et souvent même le poste de compétence acquis n’a aucun lien de loin ou de près avec la formation de l’heureux élu — heureux pour qui ? Pour le pays ou pour soi-même ? — comment peut-on espérer que le navire aille à bon port ? Que l’édifice construit ne s’effondre au premier coup de vent ? Que l’hôpital ne soit un mouroir ? Comment espérer que nos pays se développent ?

Adeyanju Babajide

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