Publié dans Humor

L’inspecteur Colombo Met à Mal la Défense de Sébastien Ajavon

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Pourquoi vous acharnez-vous contre mon client ? N’a-t-il pas droit à la présomption d’innocence ? Je m’insurge contre l’arbitraire d’une détention depuis 48 heures sans signification d’aucune charges à son encontre ? Et pourquoi cette fixation sur lui ?

 — Eh bien, cher maître c’est qu’il y a un faisceau de faits ou de propos troublants qui justifie ce que vous appelez fixation sur votre client.

— Comme quoi par exemple ?

— Eh bien le « Président » comme on l’appelle déjà, sans qu’on sache ce qu’il préside au juste, M. Ajavon pour être plus clair, a fait un certain nombre de déclarations avant sa détention dont certaines sont troublantes. Par exemple M. Ajavon a adressé deux questions aux agents enquêtant sur l’affaire.

Verbatim :

  1. Comment est-ce qu’ils ont su que dans un seul conteneur, il y avait de la drogue ?
  2. Ce que je voudrais demander aux enquêteurs pour les orienter un peu c’est qu’on puisse déjà prendre le froid, le produit qu’ils ont trouvé, qu’ils ont eux-mêmes appelé… je n’ai pas vu le produit, je ne connais pas le produit, je ne suis pas acheteur… pas un importateur de ce produit. Mais d’habitude quand nous ouvrons les conteneurs, nous prenons la température. Parce qu’il y a la température ; on n’a qu’à foutre ça dedans et on saura quand est-ce qu’ils ont mis ça dedans. On doit faire l’analyse du produit, on doit mettre des sondes dedans pour voir la température. Parce que si c’est une marchandise qui est venue de là-bas, elle doit être congelée

 — Et bien Inspecteur Colombo mon client pose une question pertinente à propos de la différence de température !

— C’est justement là-dessus que le propos de votre client me trouble. En effet, dans un élan de sollicitude clairvoyante, M. Ajavon  prend sur lui d’orienter les enquêteurs sur la piste de la température. L’argument semble pertinent. Deux produits d’origine et de trace différentes ont des températures différentes : quoi de plus logique,  mon cher maître ! Seulement voilà, ce qui fait que je m’intéresse plus à votre client qu’à ceux qui éventuellement l’auraient piégé est cette question que je me suis posé. Comment Monsieur Sébastien Ajavon, dans  la piste qu’il suggère généreusement aux enquêteurs, peut-il être si sûr à l’avance de la différence de température pour autant qu’il affirme qu’on a voulu le piéger ? Comment ne suppose-t-il pas que ses piégeurs aient pu avoir la présence d’esprit de congeler à l’avance le produit qu’ils allaient mettre dans ses conteneurs alors qu’ils savaient qu’ils allaient devoir être confrontés à une obligation  de preuve ?

Vous voyez ce que je veux dire maître ? C’est ça l’origine de ma fixation. Ma femme m’a dit l’autre jour que… Ah qu’est-ce qu’elle m’a dit déjà ?… Un proverbe africain, une histoire de vent et de poulet… Il faut que je me rappelle…

 Berlioz Ahandessi

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