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Au delà de la discrimination positive

aza

Dans un ouvrage résolument ambitieux, le politiste John Skrentny propose une reformulation de la question raciale sur le lieu de travail aux États-Unis, hors du prisme de l’affirmative action. Il y voit les prémisses d’une nouvelle politique, qu’il nomme « réalisme racial ». Mais peut-on ainsi postuler que la race est une réalité indépassable ?

Une stratégie de gestion du facteur racial

Dans le prolongement de ses travaux antérieurs, consacrés notamment à la genèse politico-administrative de la discrimination positive dans l’emploi [1] et au processus de délimitation de l’ensemble de ses bénéficiaires [2], le sociologue John Skrentny, professeur à l’Université de Californie (San Diego), dans un ouvrage aussi stimulant que ceux qui l’ont précédé, entreprend d’inventorier et d’évaluer des modes de prise en compte de la « race » qui poursuivraient d’autres finalités que la résorption des désavantages issus de l’injustice passée, et que l’auteur réunit sous l’appellation « réalisme racial ». Selon lui, les pratiques en question se distingueraient de l’affirmative action par leur caractère potentiellement permanent plutôt que provisoire, par leur déconnexion d’avec toute visée compensatoire et, plus encore, par leur postulat fondateur, en vertu duquel le statut de membre d’un groupe racial serait assimilable à une qualification objective au regard du poste à pourvoir – à un indicateur pertinent de la performance professionnelle future dont l’intégration au processus de recrutement contribuerait à promouvoir de légitimes « objectif[s] organisationnel[s] » (p. 273).

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