Publié dans Essai, Haro

Sud du Bénin : Mer de Haine, Désert d’Amour

haro3_thumb.png

 On déplore la négativité endémique de la mentalité du Béninois, mais ce fléau est surtout caractéristique du Sud que du Nord. On le voit dans l’attitude des contrées par rapport à la désignation des chef-lieu des nouveaux départements. Sur les six cas potentiels de rivalité, les villes dont on entend pour l’instant les mouvements de colère, le refus de se conformer à la décision de l’autorité compétente sont Savalou et Ouidah deux villes à dominance fon, en tout cas deux contrées qu’on ne peut pas taxer de nordiques.

Toute considération faite de la plus faible densité démographique du Nord qui présente de ce fait un plus faible ratio de villes concurrentes,  force est de constater  qu’au Sud, deux villes sur trois expriment passionnément leur rejet du choix des nouveaux chef-lieu, étalant ainsi à la face du monde la compulsion à la jalousie, au refus d’accepter sportivement ce qui favorise l’autre, le frère ou la sœur, qu’on n’a de cesse de supplanter, de détruire.

Cette impossibilité du Béninois du Sud à accepter le bonheur du frère, du semblable est au cœur du blocage de notre société, une éthique où la haine de soi fait le lit de la haine de l’amour.

Aminou Balogun

copyright5_thumb.png

 

Publicités

Un commentaire sur « Sud du Bénin : Mer de Haine, Désert d’Amour »

  1. Comme cela se passe communément, l’idéal du Béninois du sud en l’occurrence eût été qu’on divisât le pouvoir du chef-lieu en deux et que l’on donnât la moitié à Dassa et la moitié à Savalou. Or sachant que la moitié d’un pouvoir n’amène à rien, chacune des villes n’en tirerait rien de bon, et à terme elles péricliteront. Au lieu que l’une détenant et usant du pouvoir en tire le meilleur pour le bénéfice commun et que dans un élan vertueux, l’autre pût tirer partie de sa prospérité et vice versa, eh bien, telle n’est pas l’éthique du Béninois du Sud, plus porté sur la rivalité destructive que sur la solidarité constructive. Toute la question est de savoir quand est-ce que nous prendrions conscience de cette défectuosité collective, pour nous en débarrasser.

Les commentaires sont fermés.