Publié dans Haro

La Seule Chose que l’Afrique aura Fabriquée

blog1 En Afrique nous ne fabriquons rien ou presque et semblons même indifférents à cette tare pour autant que nous en soyons conscients. De notoriété mondiale, notre indigence d’homo faber est à la mesure de notre consumérisme naturalisé et joyeux.

Si l’esclavage que nous avons subi pendant quatre siècles est officiellement terminé sous sa forme d’airain, il va sans dire qu’il continue sous d’autres formes. Le retard permanent de l’Afrique, un continent si gorgé de ressources naturelles, à la traîne du monde, est la preuve de nos tares.

Le refus d’assumer notre condition d’homo faber, contrairement à la plupart des peuples, nations et continents du monde,  trouve son pendant dans la frénésie avec laquelle nous nous emparons des objets — de la moindre aiguille  au navire en passant par les services — fabriqués par d’autres, élus comme nos pourvoyeurs naturels. Ce refus instinctif et scandaleux de fabriquer fabrique à son tour les chaînes d’un esclavage rampant. Dans un monde où les ressources naturelles, actuellement abondantes en Afrique, se seront épuisées, au moment crucial où chaque nation, chaque continent et chaque peuple ne devra son salut qu’à l’exercice de sa dignité d’homo faber, nous découvrirons notre sort. Mais il sera trop tard.

Que faisiez-vous au temps fastes ? demandera une fourmi blanche ou jaune, certes non sans malice. — Nous vendions les ressources naturelles de nos sols et sous-sols — Eh bien, entrez maintenant dans vos nouvelles chaînes d’esclaves, la seule chose que vous ayez fabriquée pendant tous ce temps…

Agada Balanpo

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