Publié dans Haro

Chine-Bénin: le Stade de l’A- mitié au Stade de l’Enfance

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Regardez le visage de ce diplomate chinois, qui va signer un accord de rénovation du stade de l’amitié. Pas besoin d’être un anthropologue, spécialiste des mimiques faciales ou du langage gestuel pour voir que le visage du Chinois suinte de colère et de mépris pour ses interlocuteurs béninois. Visiblement, l’homme ne comprend pas pourquoi une société d’hommes dignes de ce nom attend non seulement  qu’on lui  construise un stade mais que le même généreux constructeur vienne le rénover trente ans après. Tout ce que nous avons à faire, nous autres, c’est de nommer un directeur ventru et incompétent – au passage  par népotisme ou sur une base régionaliste  – et de donner au stade le nom d’un ancien président – peu importe qu’il soit criminel ou corrompu.

On sent que le Chinois bouillonne intérieurement  de colère de voir l’argent des contribuables de son pays dépensé pour cette action insensée et  loufoque ; et de mépris pour des gens qui visiblement ne savent ni ne veulent pas se prendre en main. Le visage du Chinois exprime aussi la colère d’un peuple de travailleurs  de se faire rouler par une bande de paresseux tropicaux, et ce au nom de l’amitié des peuples ou de la coopération !

blog1Du Siège de l’Union Africaine au plus petit stade municipal, nous attendons tout des autres, le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Les trois stades de sport les plus importants du Bénin sont construits par des pays étrangers. Deux d’entre eux portent des noms de Français, qui sont à cheval sur l’aliénation dans tout ce qu’il font. Seuls les Chinois dans leur aide ont respecté notre intimité et notre sensibilité collectives.  On nous construit un stade, que nous laissons tomber en ruines, puis après nous appelons le généreux constructeur pour venir le rénover, comme s’il était notre boy. Tout simplement parce que l’Afrique aurait des matières premières que la Chine convoiterait. Alors qu’un millième de ce que les gens détournent à droite et à gauche dans le pays aurait suffi pour rénover ce stade et bien d’autres ! Cela n’est pas du goût du diplomate chinois qui le sait, et son sentiment se lit clairement sur son visage. Les Asiatiques sont gens subtils, qui savent mieux que quiconque cacher leurs sentiments ; mais là, la colère fait tellement rage dans le cœur du diplomate chinois qu’il n’a cure de la cacher.

Un de ses concitoyens ayant séjourné au Bénin et observé attentivement pendant une dizaine d’années nos mœurs a dit  que la seule façon de sauver notre race était de massacrer tous les gens de plus de 7 ans, pour rebâtir une société saine. La consternation que suscite notre lâcheté, notre irresponsabilité  et notre paresse a de quoi inspirer une thérapie aussi radicale contre nos maux.

Quand déciderons-nous de quitter le stade de l’enfance ? Rendez-vous dans trente ans pour la prochaine rénovation… si l’Afrique est encore là et continue d’intéresser les autres continents ou nations du monde.

Anh Bao

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