À Propos de la Colonisation : Le Grand Malentendu ou le Dialogue de Sourds

amonavis

Selon le discours ethnocentriste réactionnaire des Blancs, la colonisation est un bien, un apport de civilisation à une humanité sauvage, balbutiante et enfermée dans les ténèbres.

Du côté des Noirs un discours victimaire et revanchard ne voit dans la colonisation  que domination, exploitation et pillage.

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Or — et pour ne parler que du seul cas de l’urbanisme — lorsqu’en entrant dans une ville éminemment coloniale comme Porto-Novo aujourd’hui, on est surpris de constater que les seuls édifices  qui tiennent la route et forment pour ainsi dire l’ossature architecturale ou monumentale de la ville sont la cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception, le Tribunal, le Palais des Gouverneurs qui, ô comble de l’ironie, abrite l’Assemblée nationale, l’hôpital, ainsi que d’autres bâtiments datant de la période coloniale, on est obligé d’admettre que le regard simpliste et réducteur doublement manichéen porté de part et d’autre sur la colonisation, qui la peint en noir ou en blanc, est un regard erroné.

blog1Plus terre à terre, la vérité se trouve quelque part dans les interstices de la dialectique des rapports interhumains où le mal ne va pas sans bien et le bien ne va pas sans mal.

Et tout africain épris de progrès doit se mettre au clair avec cette vérité avant toute chose.

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Alan Basilegpo

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3 commentaires

  1. Bonjour,
    Il me plait de reprendre, en guise de commentaire, un morceau de cet inédit texte: la vérité se trouve quelque part dans les interstices de la dialectique des rapports interhumains où le mal ne va pas sans bien et le bien ne va pas sans mal.
    Africain, béninois, épris de progrès doit se mettre au clair avec cette vérité.
    Il est grand temps qu’on cesse de voir dans la colonisation le socle de nos malheurs. Travaillons, travaillons surtout à faire de l’héritage coloniale le point d’impulsion pour vaincre la fatalité, la pauvreté (sous toutes ses formes), et donc aspirer à une vie meilleure dans nos campagnes et villes.

    • « Héritage colonial », c’est un bien grand mot. Parler d’héritage suppose un consentement, et une positivité librement consentie. Le colonialisme n’a jamais été une civilisation, comme l’a dit à juste titre Aimé Césaire. Les colons n’étaient pas des philanthropes, malgré leur discours basé sur la dénégation et la volonté de déculpabilisation. Ils étaient venus pour violer, voler, piller, exploiter, défigurer, dénaturer : ils ont violé, volé, pillé, exploité, défiguré et dénaturé. Mais il en est resté quelque chose. Le propos de cette note c’est que ce reliquat, sans être un héritage au sens traditionnel du mot, est quelque chose qui n’est ni une substance noire ni une boule de neige. Mais vous avez raison de dire que, à partir de ce donné, et le prenant en compte, sans nous enfermer dans sa diabolisation, nous devons nous mettre au travail. La colonisation a toujours existé à diverses périodes et divers endroits du monde ; cela n’a pas empêché des colonisés de s’en sortir et de prendre en mains leur destin. C’est ce qu’il nous faut faire en toute lucidité, sans nous voiler la face, sans nous donner des boucs-émissaires commodes…

      • Bonjour,
        Oui, colonisation ! Un bien grand mot. Assumer l’héritage colonial, c’est prendre conscience des multiples dérives socioéconomiques de la colonisation qui, d’ailleurs existent toujours sous différentes formes, pour trouver ou retrouver toutes les motivations nécessaires, indispensables inhérentes aux bien-êtres des peuples écrasés par cette servitude: l’accès équitable aux besoins fondamentaux que sont éducation, logement, soins,…Les peuples d’Afrique et du monde, au travers de leurs dirigeants, tout en étant conscients de cette compréhension de l’histoire et du présent, devraient se lever contre l’imposture et travailler ardemment, continument pour une vie améliorée voire meilleure.

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