Bénin : Misère de la Presse

Journaux2

Au Bénin, il n’y a pour ainsi dire pas de journaux, au sens où le journal est un outil de diffusion de la connaissance et de progrès culturel et intellectuel. Ce qui s’appelle journal, laissant orpheline l’infinie variété des thèmes propices à l’éducation des masses et à l’enrichissement culturel et intellectuel, a opté pour la monomanie du thème politique ; en clair, au Bénin, ce qui s’appelle journal est pour la politique ce que  le quotidien français « l’Équipe » est pour le sport.
Dans ces soi-disant journaux dont certains en ligne donnent dans la supercherie sur leur activité — aussi bien en ce qui concerne leur valeur d’audience réelle qu’en ce qui touche à l’authenticité des apports externes au titre de la liberté d’expression, souvent autoritairement malmenée, et ce contre l’esprit même des média sociaux axé sur l’horizontalité des échanges — dans ces journaux disons-nous, quand il n’y a pas assez de sujets politiques nationaux pour meubler les pages, on va à la pêche à l’actualité politique en Afrique francophone, au mépris de ce qui se passe dans des pays voisins dont le Bénin dépend à 90% comme le Nigeria ou le Ghana, pays anglophones qui ont le tort d’être des incorrections néocoloniales. Et quand ce n’est pas suffisant, en guise de cerise sur le gâteau, on ajoute un sujet qui fait la une dans la mère patrie, la France, pays dans la langue duquel ces soi-disant journaux écrivent, souvent dans un langage d’une correction approximative et figée.
Puis on saupoudre le tout par quelques news de l’ONU ou des USA, selon l’actualité du moment.
La monomanie du thème politique n’est pas la faute des journaux ou de leurs promoteurs. La raison en est que dans notre pays, la seule source de richesse est la politique ; même les hommes d’affaire, comme on le voit, sont obligés d’en faire. Comme sans mécène, l’intellectuel est une espèce de prostitué, nos lettrés qui se disent journalistes, ou hommes de médias ciblent la seule audience crédible et solvable. D’où l’évanouissement concerté de l’idéal journalistique sous nos cieux.
Quelle misère ! Où allons-nous avec ça ? Qui peut nous sauver de ce haut degré de pauvreté intellectuelle et culturelle ?
Baba Alado

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