Bénin 2016 : Monchau ou la Lettre et l’Esprit de la Françafrique

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 Si la France voulait à la fois désavouer, se désolidariser de et en fin de compte contrecarrer efficacement le holdup qui se prépare au Bénin en faveur de Zinsou — holdup avec ou sans second tour s’entend — elle allait s’y prendre plus discrètement. Elle n’avait pas besoin d’annoncer à cor et à cri son revirement, car en l’occurrence discrétion rime avec efficacité.

S’il est évident que l’intervention peu conventionnelle et fort calculée de l’ex-ambassadeur Monchau à quelques jours de l’élection présidentielle au Bénin n’a pas dû être faite sans l’aval de Paris, il va de soi qu’elle vise moins à faire capoter le holdup qu’à sanctionner son inéluctabilité en toute innocence française proclamée à l’avance.

Cette prise de position de l’ambassadeur Monchau qui prétend ne parler qu’en son propre nom, de par l’autorisation évidente qu’elle a reçu de sa hiérarchie, vise surtout à faire germer dans la conscience du peuple béninois l’idée que la France n’y est pour rien dans ce qui arrivera, preuve s’il en est que cela arrivera. En l’occurrence ses « amis béninois » devraient moins prendre M. Monchau à la lettre qu’à l’esprit du néocolonialisme auquel, tous autant qu’ils sont, les Français sont attachés.

Agada Balanpo

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