
En dix ans, le caractère désastreux de la gouvernance de Yayi Boni n’a pas seulement tenu au fait visible à l’œil nu des nominations farfelues qui brillent en amont et en aval par leur rance médiocrité, l’aveuglement princière de leur auteur et son refus de respecter le sacrosaint principe du « right man at the right place » cher aux Anglo-Saxons ; mais plus que tout, le vice le plus consternant de cette gouvernance a consisté à ramener l’essence de la politique et l’activité favorite des tenants du régime à une vaste fourmilière de nominations impaires, de pistonnages, de concussions et de corruptions en tous genres, fondés sur le tribalisme le plus passionné, le régionalisme le plus idéologique et le népotisme le plus aveugle. Et quand la fourmilière des nominations n’y suffit pas, le régime n’hésite pas à faire appel à la ruche frauduleuse des examens et concours truqués.
Tous crimes politiques et administratifs qui ont contribué profondément à enrayer la dynamique socioéconomique du pays pour le conduire, tourmenté et déconfit, vers le cul de jatte du doute et de la médiocrité. Et la misère étend son ciel sombre sur tout un pays du fait de l’incurie et de la méchanceté d’un homme dont le seul programme a été le bon plaisir, l’enrichissement personnel, et la satisfaction émotionnelle de faire avancer ceux qu’il a élus comme « les siens » au détriment de la communauté nationale.
D’une certaine manière la nomination autoritaire de Lionel Zinsou comme premier Ministre, son imposition rocambolesque comme candidat FCBE, qui pavent le chemin du holdup électoral par lequel il compte l’installer bientôt à la tête du pays, s’inscrivent dans la même logique insane de la fourmilière et de la ruche frauduleuse chère à Yayi Boni.
Patrice Talon qui quoiqu’on dise connaît Yayi Boni mieux que nombre de politiques, a raison de mettre l’accent sur la nécessité de changer radicalement ces mœurs dont le pays se meurt.
Fassinou Mathias, Juriste d’entreprise, Montréal.
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