Décidément, la guerre des mots entre les deux fils les plus célèbres de l’État d’Ogun au Nigeria n’est pas prêt de finir. On se souvient que dans ses mémoires, (My Watch) publiées l’année dernière, Obasanjo avait traité Soyinka de prétentieux plus connaisseur en vin qu’en politique. Réponse du berger à la bergère, le prix Nobel Wole Soyinka a vivement critiqué Obasanjo dans son nouveau livre intitulé « Inter-Interventions : Entre Mémoire défectueuse et Mensonge public – Une odyssée personnelle dans la République des Menteurs », et présenté à Abeokuta, capitale de l’état d’Ogun, Dans ce livre, l’ancien président Olusegun Obasanjo est décrit comme un grand enfant du hasard.
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Bien que Soyinka ait concédé avoir entretenu jadis des rapports amicaux avec Obasanjo et admis dans le livre que certains intermédiaires ont fait des efforts pour les concilier, il a dit qu’il avait toutefois le devoir de répondre fondamentalement aux mensonges qu’Obasanjo aurait dit contre lui dans sa dernière biographie, intitulée , « My Watch » qu’il épingle dans son livre comme une montre (Watch) 3 carats.
A propos de leurs relations tumultueuses, Soyinka, a fait usage du proverbe yoruba selon lequel «l’enfant qui a décidé de ne pas laisser sa mère dormir doit aussi se préparer à une longue nuit sans sommeil ». Ainsi en sera-t-il avec Okikiola, (Aremu Olusegun Matthew, Obasanjo), ce grand enfant du hasard, a dit le prix Nobel lors de la présentation de son livre.
«J’ai eu jadis des discussions profondes et passionnées avec Obasanjo au cours de diners à la fois quand il était chef d’État militaire – au camp de Dodan et chez lui à Ota, pendant un certain temps quand il n’était plus chef d’État militaire, et à ses débuts à Aso Rock lors de son retour aux affaires. Aujourd’hui, la situation est tout à fait différente. S’il me recevait à dîner chez lui, j’attendrai qu’il ait d’abord avalé son morceau avant d’avaler le mien.
«J’ai pris mon parti du fait que notre soldat retraité Owu ( tribu yoruba à laquelle appartient Obasanjo) et auteur prolifique est une affliction que ceux d’entre nous qui partagent la même époque et le même espace national que lui doivent apprendre à supporter. Toutefois, il me paraît clair qu’il n’y a pas de limite à la capacité de cet individu à fomenter des méfaits infantiles, d’inutiles et ahurissantes provocations, comme sa récente intrusion «littéraire» dans le domaine de ma paix.
Les bons offices de quelques anciens intermédiaires ont certes abouti à une conversation «cordiale» que M. Wole Soyinka a eue avec Obasanjo récemment.
Au cours de la dite conversation, le prix Nobel aurait félicité M. Obasanjo pour la manière créative dont il a développé la Bibliothèque présidentielle Olusegun Obasanjo, que Soyinka a cependant brocardée en laverie automatique présidentielle et produit d’une extorsion d’État.
Wole Soyinka a ajouté qu’il avait discuté de la possibilité d’une collaboration avec l’établissement.
Mais célèbre écrivain, qui fait la chronique des différents lieux où son chemin a croisé celui de M. Obasanjo depuis leur enfance, a relevé que les mensonges dans lesquels l’ancien président a prospéré étaient tellement impensables que lui et d’autres personnes ont commencé à travailler sur un autre livre qui porte exclusivement sur sa personne.
Soyinka met en doute la croyance au Bon Dieu auquel Obasanjo fait référence pour un oui ou pour un non, et a affirmé que l’ancien président se livrait à une usurpation d’identité.
« Notre auteur invoque Dieu inlassablement, sans provocation, sans nécessité et sans justification, peut-être à titre préventif, mais croit-il vraiment à une telle entité? Est-ce que notre James Bond maison croit en quoi que ce soit en dehors de son omnipotence? N’a-t-il pas abusé de l’exhortation chrétienne – «Veillez et Priez» – devenu avec lui «Veillez à la Proie? » Car nous avons en sa personne un véritable prédateur qui s’empare sans états d’âme des réalisations des autres. Il se nourrit de leurs noms, de leurs personnages, de leurs motivations, de leurs vies véritables; prédation sur des ragots et prédation sur les contributions collectives – il se nourrit même de leurs identités, en leur substituant la sienne si possible « .
amené et trad. par Allan Basilegpo
