Comment le Sénégal, Pré Carré Français, nous Fait la Leçon sur le Parler de nos Langues Nationales

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Au Bénin, nous accusons volontiers le néocolonialisme français d’être à l’origine du déficit chronique du parler de nos langues nationales supplantées par le français dans les échanges publics de tous les jours. Dans ce domaine de démission nationale dont l’idiotie est patente, pour un oui ou pour un non, nous accusons le néo-colonialisme français et ses sordides intérêts. Ce faisant nous soldons à bas prix nos paresses et nos lâchetés, et nous nous dégageons à peu de frais de nos responsabilités. Notre mauvaise conscience qui nous pousse à nous abriter derrière le paravent de l’influence étrangère ne nous permet pas de discerner les circonstances atténuantes ou les raisons objectives de notre paresse éthique et intellectuelle.
Regardez ici ces deux documents vidéos qui mettent en scène la vie publique au Sénégal, pré carré politique et ludion symbolique de la France s’il en est. Dans ces documents, on parle le wolof sans gêne et sans trahir le sentiment qu’un tel parler relève d’un exploit.

Ce genre de scène est rare au Bénin où lorsqu’elle se produit elle est fêtée en exploit immense. Misère que notre situation. Mais la comparaison avec le Sénégal mérite un bémol ou quelque nuance. La morphologie du Bénin héritée de l’histoire afflige notre pays d’une diversité hétérogène de langues dont l’unification est problématique, dans un contexte de rivalité historico-culturelle où nul n’entend s’effacer devant l’autre, surtout pas ceux qui sont minoritaires. Cette irréductibilité numérique des langues nationales au Bénin rend difficile leur parler dans la vie publique, et fait le lit de la médiation de la langue étrangère, qui signe notre aliénation.
Au Sénégal en revanche, le wolof est une langue parlée par 95% des Sénégalais. Cette heureuse harmonie linguistique héritée de l’histoire facilite grandement les choses.
Binason Avèkes

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