Par Paul Hansè¹
Yayi Boni a été une erreur et une calamité. Sa gouvernance sans boussole a produit l’injustice, la misère de masse et la division nationale. Il faut remercier le peuple béninois d’avoir supporté stoïquement ses excès, ses déviances et sa violence, dans le respect de la loi.
En ce moment décisif où approche la possibilité du choix d’un nouveau Président, c’est un acte de raison fondamental que de placer l’échéance sous le signe d’un tournement de page. Tourner la page de l’irruption de Yayi Boni dans notre vie nationale veut dire :
1. Remercier le ciel qu’il s’en aille au soir du 6 avril, comme le souhaite avec impatience le peuple dans sa grande majorité.
2. Élire un nouveau Président qui ne doive rien de près ni de loin à Yayi, qui ne soit pas son dauphin et qui soit résolu à redonner au Bénin sa dignité et sa cohésion nationale mises à mal par la politique de division, de corruption et de médiocrité de Yayi Boni.
3. Purifier le pays — rituellement et hygiéniquement — du dangereux virus politique dont Yayi est le nom ; après avoir ruiné ses velléités de pérennité, nous devons ruiner ses rêves de postérité politique.
Le principe de ce tournement de page implique une intelligence entre les partis politiques d’une part et au sein du peuple d’autre part. Yayi Boni a empoisonné notre existence collective pendant dix ans ; il ne doit pas être autorisé à continuer son œuvre diabolique sous quelque forme que ce soit au-delà du temps constitutionnel. Il importe de priver Yayi Boni du loisir de déterminer notre avenir. Pour cela, nous devons faire preuve d’intelligence, dans ce que l’intelligence suppose parfois de sacrifice, de considération du but principal, d’atteinte de l’objectif essentiel ; cette intelligence commande que, loin de toute tentation de divisions, de passions frivoles ou d’intérêts égoïstes, nous portions notre choix sur l’homme le mieux à même de servir cette cause ; l’homme qui a la capacité et les reins suffisamment solides pour terrasser la bête. L’homme que le système Yayi ne peut pas mettre K.-O. sans tremblement de terre, comme il l’a fait en mars 2011. Pour assommer la bête, choisissons le bon bâton, car il n’y en a pas deux, et la bête ne doit pas s’échapper au risque de continuer à nuire sous une forme plus vicieuse encore.
Tenons-le nous pour dit : on ne réparera pas en un seul mandat dix années de désordre, de dérive politique et de médiocrité ; il s’en faudrait de beaucoup ! Le prochain mandat qu’on le veuille ou non sera prioritairement un mandat de réparation et d’assainissement de la vie politique. Qui peut mieux abattre la bête que celui qui l’a nourrie ?
Paul Hansè, Architecte-urbaniste, Toronto, Canada¹
