Sous le Bananier : La Politique, une Monomanie des Africains

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Les Africains vouent un intérêt excessif, aveugle et démesuré à la politique. Plus qu’une passion, la politique est chez eux une monomanie, dans la mesure où elle est considérée comme le véhicule du paradis, la panacée et la voie royale sinon exclusive de l’existence. Or, cette conception est erronée parce que la politique ne change rien que n’aient permis auparavant la culture, le travail et l’économie d’un peuple. Cette conception de la politique a la faveur exclusive des Africains, parce que la politique en Afrique se veut de l’injustice dans la paresse et l’accaparement léonin du bien commun. Un peuple qui s’aveugle de politique comme le font les Africains au point d’oublier de prendre à bras-le-corps la culture, le travail et l’économie se fourvoie, erre et se prépare à des lendemains cruels.

Dans cette dérive conceptuelle qui hypothèque le présent et l’avenir de tout un continent, il y a deux attitudes distinctes qui dénotent de deux types tout aussi distincts de sensibilités ou d’éthiques. D’une part, il y a l’attitude des prédateurs et profiteurs sans foi ni loi qui trouvent dans la politique le lieu et le cadre idéaux de réalisation de leurs buts hédonistes de prédation, de domination et d’enrichissement personnel aux dépens de la collectivité. Cette catégorie est la plus nombreuse, et se répartit en deux parties. La première, de loin la plus grande, est constituée de rêveurs qui fantasment d’accéder au cénacle de la jouissance ; tandis que la deuxième partie est constituée d’une minorité qui y accèdent par les moyens les plus impairs et s’y accrochent fermement.
Et puis, il y a la sensibilité naïve et idéaliste de ceux qui ont une vision sacerdotale de la politique, et qui pensent de manière sincère et désintéressée pouvoir par elle contribuer au progrès de la société, dans toutes ses dimensions, sociales et humaines. Cette deuxième catégorie des adeptes de la politique ne court pas les rues ; et comme dans l’existence humaine en général la rareté ou la qualité morale connote la vérité, tout laisse à penser qu’elle est dans le vrai. Mais hélas cette deuxième sensibilité se trompe lorsqu’elle considère la politique comme un a priori social, la source du progrès de la société dont découleraient mécaniquement l’ordre économique, pragmatique et culturel.
Quelle que soit la bonne foi des tenants de cette vision primordialiste de la politique, il s’agit d’une erreur foncière et fatale dont l’échec fait apparaître les tenants de l’idéologie prédatrice comme plus réalistes à défaut d’être responsables.

Amida Bashô

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