Bénin : Troisième Mandat, et Solution Finale

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Béninois, qui a bu boira. Tu as accepté par inconscience le breuvage Yayi Boni en 2006, et au lieu d’en jeter le flacon aux premiers relents méphistophéliques, tu l’as bu en 2011 sans le vomir ; au contraire toute une élite stipendiée s’en est enivrée. Maintenant tout le monde fait un tollé monstre quand une petite ministre-ludion en mission commandée essaye d’envoyer des signes avant-coureurs du nouveau cru qui se prépare de cet homme-boisson qu’une venimeuse engeance de profiteurs a fait boire jusqu’à la lie au pays de la sobriété démocratique et de la pacifique conférence nationale.
La formule est pourtant claire et simple. Chaque fois que nos faiseurs de roi–de Soglo, assis sur ses œufs d’or de la mairie de Cotonou à Zinsou, intrigant vieillard de la Françafrique en passant par les retors Tévoédjrè et autres Dossou, chaque fois que cette clique d’égoïstes historiques, flanquée d’une écurie de milliardaires opportunistes parmi lesquels certains seront élus empoisonneurs du tyran, trouve son compte dans la réalisation des fantasmes de ce dernier, elle se donne la main, et oeuvre de conserve pour hisser l’intrigant au sommet de l’État. N’écoutant que le cœur de leurs intérêts égoïstes, ils le font en dépit du bon sens ; ils le font au mépris de la justice démographique et régionale ; ils le font en toute injustice électorale. Et la vessie de quelques-uns devient la lanterne de toute une nation. Lanterne sans carburant dont la lueur n’éclaire que quelques-uns.
Alors, pourquoi tant de gens poussent-ils aujourd’hui des cris d’orfraie parce que Yayi Boni veut recommencer un manège qui lui a déjà réussi au moins une fois ? Parce que dira-t-on ce qui se prépare est anticonstitutionnel ! Soit. Mais quoi, le holdup électoral de mars 2011 était-il constitutionnel ? Faire une élection sans liste électorale est-il constitutionnel ?
Croyez-vous qu’il y a de petites inconstitutionnalités et de grandes inconstitutionnalités ? Or donc ce n’est pas la première fois que Yayi Boni fera acte d’inconstitutionnalité en matière politique ou électorale, sans compter qu’il n’y a jamais de jour pour ainsi dire où l’homme ne viole la constitution du pays dont il est le garant. Alors pourquoi tous ces cris d’orfraie ? Quand on s’amuse à jeter sa langue au chat, pourquoi s’étonner d’en perdre la voix ?
Décidément les Béninois sont un peuple étrange, instinctivement peureux, et égoïste par malice. De cette malice des imbéciles qui se croient plus malins que ceux qui les tournent en bourrique.
Pourquoi feindre de croire que la solution finale de Yayi Boni se trouve dans les cris d’orfraie dont les échos bondissent de-ci de-là dans un charivari médiatique faussement intellectuel. Yayi Boni n’a aucun égard pour la raison ; il n’a cure de l’intelligence. Il ne sait pas révérer la somme immense des pensées, sensibilités et sagesse que peut générer la volonté collective de tout un peuple et qui, pendant les huit dernières années, s’est exprimée passionnément à travers la voix de ses meilleurs représentants, en pure perte. Alors c’est un tel homme qu’on veut impressionner avec des cris d’orfraie ? L’homme est un adepte de la force et ne comprend qu’un seul langage : celui de la force.
Yayi Boni a déjà arrêté son plan de troisième mandat voire de énième mandat s’il le faut. La solution finale au défi à la continuité démocratique que représentent les extravagances malsaines de cet homme qui place ses désirs au-dessus du destin collectif, ce défi historique se décline en deux points exclusifs de tout autre :
1°) Un coup d’état militaire en règle.
2°) Une révolution populaire radicale.
En dehors de ces deux ordres d’action qui, à certains égards, sont complémentaires, les cris d’orfraie ne serviront absolument à rien. Qui a bu boira. Béninois, tu as entériné l’acte inconstitutionnel du holdup de mars 2011. Ce faisant tu t’es intoxiqué au breuvage frelaté nommé Yayi Boni. Pour te désintoxiquer, tu sais ce que tu as à faire : tout sauf pousser des cris d’orfraie ; à moins que ces cris ne soient le masque pathétique de ta subtile lâcheté.

Binason Avèkes

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