Dieu Sauve le Ghana

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Le Ghana à beau être un modèle respectable de la démocratie en Afrique, – au pays des aveugles les borgnes sont rois — l’état de cette démocratie nous force à reconnaître que ce modèle est loin d’être idéal. Notamment on doit à la vérité de reconnaître que les dernières élections ne sont pas exemptes de fraude, en dépit de la bonne volonté interventionniste des déclarations de soutien du président en exercice de l’UA de l’époque, un certain Dr Yayi Boni tout de bleu vêtu…
L’astuce et la fonction du jeu démocratique ont consisté à désamorcer l’explosion de la révolte sous prétexte de confier les plaintes de fraude de l’opposition au fonctionnement normal de la Cour suprême. Mais pense-t-on sincèrement qu’au terme de tous ses assises et délibérés, la Cour suprême ferait autre chose que de confirmer le verdict de la commission électorale du Ghana ? Pense-t-on sincèrement que la cour suprême du Ghana sortirait un jugement qui dira au pouvoir actuel de John Mahama : « eh bien cher Monsieur, après vérification des plaintes et justifications des un et les autres, il s’avère que vous avez été élu par fraude et qu’il va falloir descendre de votre trône présidentiel » ?
Évidemment non ! Et, conformément à l’évidence de cette réponse négative, le système manipulateur du peuple, aidé en cela par les intrusions des puissances occidentales–qui ont tout intérêt à conserver le statu quo, fût-ce dans l’injustice démocratique contre le peuple, essaie de préparer celui-ci à avaler la totalité de la couleuvre frauduleuse dont une partie avait déjà été enfoncée dans sa gorge.

 

De-ci de-là se diffusent des messages qui en appellent à la paix et à l’acceptation du verdict de la Cour suprême, quel qu’il soit. Un sommet national pour la paix est en cours d’organisation. Dirigé par Emmanuel Asante, le conseil national de la paix est à pied d’œuvre. Les deux anciens présidents encore en vie du pays–John Jerry Rawlings et John Agyekum Kufuor doivent prendre la parole et s’exprimer sur la nécessité du dialogue en vue de faciliter la gestion du verdict de la Cour suprême ainsi que d’autres sujets ayant trait à la cohésion nationale et à la stabilisation de la démocratie au Ghana.
Mais tout cela n’est que mise en scène du désamorçage d’une explosion potentielle consécutive à des fraudes avérées dont la tolérance et la dénégation institutionnalisée constituent le prix à payer pour continuer à qualifier le système politique du Ghana de démocratie. Dieu sauve le Ghana

Binason Avèkes

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