Or, voilà qu'on peut lire l'émotion de ces mêmes occidentaux pour le « grand nombre » de victimes en Syrie. « Syrie, l'ONU parle de 9000 morts en un an », peut-on lire dans la presse. 9 000 morts en Syrie en un an, oh quelle hécatombe ! Quel massacre sous-entend-on dans cette consternation murmurée accompagnée d’un soupir qu'on imagine affligé. On fait mine d'oublier qu'en Syrie ce qui se déroule n’est rien moins qu’une guerre. À force de s’être enfermé dans le
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schéma manichéen d'un régime dictatorial sanguinaire qui massacre une opposition démocratique et innocente, à quelques encablures de l'inoffensif et démocratique Israël-qui soit dit en passant n’y serait absolument pour rien –à force de s'enfermer dans ce schéma aussi mensonger que manichéen, on finit par oublier qu'il s'agit d'une guerre avec deux camps opposés ; guerre dans laquelle chaque camp vise la victoire et combat ou se défend par tous les moyens à sa disposition. Et puis 9000 morts en un an, est-ce pire que les dizaines de milliers de morts silencieux que génèrent par semaine les guerres de l'OTAN ou des USA en Irak ou en Libye ? Ou bien la seule différence entre ces tristes bilans n'est-ce pas le linceul de silence et de mensonges qui recouvrent les uns tandis que de faux bruits sont véhiculés sur le compte des autres ? Aminou Balogun |