Mon Idéo, Va, Court, Vole et Tombe sur…
Clique d’Eyadema, Rendez-vous, vous êtes Cernée !
Le premier pays Africain qui, à plus ou moins court terme, tirerait du profit politique de la visite du Président Obama en Afrique noire n’est pas celui que l’on croit dans un premier temps ou ceux que l’on pourrait croire le cas échéant. En effet, ce n’est pas le Ghana. Avant le Ghana,
il y a les pays qui croyaient que plus ou moins naturellement c’était à eux que devrait échoir cet honneur. Les pays comme le Nigeria, qui passe pour le plus grand pays noir du Monde, mais qui en vérité est plus noir que grand ; ou si l’on veut, grand dans le désordre des tensions sociales et ethniques, et le vice politique qu’il n’a pu le montrer dans la vertu démocratique et la bonne gouvernance ; l’Afrique du Sud, qui passe pour la plus grande économie noire du Monde mais qui est plus noire que grande économe ; ou si l’on veut, dont l’économie n’a pas montré le dynamisme suffisant pour tirer vers la haut toutes ses classes sociales sans parler du continent ; une Afrique du Sud en proie à des problèmes sociaux, et à une violence endémique dont le niveau est incompatible avec les exigences du progrès humain ; une Afrique du Sud où la démocratie, sur fond de scandales au sommet, reste confinée dans le cadre racial et échoue à susciter une dynamique transraciale, comme l’élection d’Obama l’a par exemple montré au États-unis. Enfin, le Kenya qui se targue d’être le pays africain le plus proche du Président Américain, mais dont les tensions politico-ethniques non encore résorbées illustrent le fait que pour Obama la politique est moins une affaire de sang que d’humanité et de rationalité légale.
Donc avant le Ghana qui est le grand honoré par la visite du Président Obama, ces trois grands recalés que sont le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya, devraient pouvoir méditer leur échec et tirer intérêt, il faut l’espérer, de leur méditation.
Toutefois, aussi étonnant que cela puisse paraître, le premier pays auquel la visite du Président ferait un grand bien politique à plus ou moins court terme n’est aucun de ces quatre pays évoqués mais le Togo. En effet, ce voyage soulignera brutalement à la conscience des Togolais, à commencer par la famille régnante, que le Togo est cerné sur le Golfe du Bénin par deux Démocraties africaines qui évoluent en pleine lumière de la communauté internationale. A l’est, le Bénin qui a déjà connu au moins deux alternances politiques pacifiques, montré la vigueur de son fonctionnement démocratique et gardé l’essentiel de ses acquis, en dépit des turpitudes de son actuel Président. A l’ouest, le Ghana dont la santé démocratique est publiquement reconnue et honorée par la visite hautement symbolique du Premier Président Noir des États-Unis. Après une telle mise en lumière du Ghana, on voit mal comment le régime Togolais continuera à se cacher derrière son petit doigt, dans la forme la plus perverse de la confiscation de la démocratie qui consiste à s’appeler République alors que depuis 40 ans le pouvoir est détenu par une seule et même famille et se transmet de père en fils comme dans une monarchie mais avec en prime de sanglantes répressions et une violence ethnique aveugle.
Comme quoi les leçons et la valeur pédagogiques du choix du premier pays d'Afrique noire visité par Obama sont d’une richesse et d’une efficacité insoupçonnées. Avant l’hypothétique rêve de dollars qui fait saliver les naïfs, ce qui nous vient d’Obama c’est le souci de vérité, le signe de conscience, cette force symbolique des idées qu’un frère éclairé prodigue aux siens pour les réveiller de leur nuit. Obama est un vrai fils d’Afrique, c’est notre frère et il nous le rend bien !
Éloi Goutchili
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