Le Chat Imaginaire 1: Yayi & Sarko

      le chat imaginaire      

Échange de Bons Procédés

Illust:
Accueil de M. Boni, 10.8 ko, 250x164

Yayi Boni : Bonjour Monsieur le Président Sarkozy !

Sarkozy :  Oh, pas de protocole entre nous, Thomas, on peut se tutoyer

Yayi Boni : Merci Nicolas…

Sarkozy : Y a pas de quoi, mon cher Thomas, assieds-toi…

Yayi Boni : Et l’Avion France, poursuit-il sa route sans problème ?

Sarkozy : Ce n’est pas de tout repos, je respecte à la lettre le plan de vol, mais que de zones de turbulence et quels passagers !

 Yayi Boni : Oui des passagers à fort caractère, c’est connu, mais y a pas meilleur pilote que toi … Même à l’échelle mondiale, tu es le meilleur Président, le plus efficace que le monde ait jamais eu depuis longtemps…

Sarkozy : Merci pour le compliment, l’ami, mais va dire ça à ton cousin Obama qui bat tous les records de popularité ; le monde entier est à ses pieds, tout le monde se l’arrache et il  n’hésite pas à me snober…

Yayi Boni : Evidemment, il est le premier président Noir de l’Amérique et c’est un atout  ! Sans compter qu’il a promis le changement…

Sarkozy : Oui, l’appât du changement le peuple y mord à tous les coups, même si c’est pas pour  longtemps…

Yayi Boni : Hélas, j’en sais quelque chose, c’est pour cela que je suis heureux de te rencontrer…

Sarkozy : Que puis-je pour toi, ami et confrère,  copilote du Bénin…?

Yayi Boni : Eh bien  voilà, Nicolas te souviens-tu que quelques mois après mon élection tu étais venu au Bénin…

Sarkozy : Oui…et que de chemin parcouru depuis lors de part et d’autre !

Yayi Boni : Tu étais alors Ministre de l’Intérieur du Président Chirac et candidat déclaré à sa succession…

Sarkozy : Oui, c’est exact, et je dois dire que ce voyage m’a vraiment porté bonheur…

Yayi Boni : Te souviens-tu m’avoir félicité pour le raz-de-marrée de mon élection ?

Sarkozy : Oui, 75% c’était un véritable plébiscite !

Yayi Boni : Tu m’avais alors demandé le secret de mon succès

Sarkozy : Oui, tout à fait…

Yayi Boni : Et je t’avais révélé en toute confiance les trois dimensions de ce succès : 1. le trafic des votes notamment grâce à l’achat massif d’électeurs togolais ; 2. l’opportunité du thème du changement dû au bilan catastrophique de mon Général prédécesseur ;3. Enfin la dimension magique en tant que le Bénin, pays du vodou, concentre sans sa culture le meilleur de la puissance occulte de l’Afrique…

Sarkozy : Oui, c’est exact, et je t’ai expliqué que ne pouvant pas acheter des électeurs, même des Belges, je m’en tenais aux deux derniers leviers ; et je sais que tu n’as pas ménagé tes efforts pour me doter du talisman du succès électoral concocté par tes plus puissants magiciens, comment vous les appelez-déjà ?

Yayi Boni : Bokonon !

Sarkozy : Exact !…

Yayi Boni : Et te souviens-tu de ce que tu m’avais dit lors de ton départ de Cotonou ?

Sarkozy : Oui, bien sûr, comment saurais-je oublier ! J’avais dit que je te le revaudrai…

Yayi Boni : Et, mon cher Nicolas, ce n’est pas pour dire que tu n’as pas tenu ta promesse. Tu l’as fait plus que je ne pouvais l’espérer, dans maints domaines : diplomatique, social, économique, et bien d’autres. Mais quelle meilleure illustration de ta bonne volonté que d’avoir fait du Bénin le pays pilote de ta politique de l’immigration choisie ; c’est un véritable honneur pour les Africains et les Béninois et pour moi-même. Ton Ministre Brice Hortefeu qui a été le fer de lance de cette politique sociale et humaine est devenu un ami du Bénin et un ami personnel; ce qui lui a valu d’avoir un passeport béninois preuve de la confiance que toute la nation béninoise lui témoigne

Sarkozy : Et je ne peux que t’en remercier, mon cher Thomas, ce geste me va droit au cœur. Voilà qui clouera le bec à tous ceux qui disent que la politique d’immigration choisie est une politique raciste anti-noire. Quelle meilleure preuve de l’humanité de cette politique que la reconnaissance d’un chef d’Etat africain hors pair comme toi, Docteur, et qui représente bien ce que l’Afrique a de moderne et d’intelligent !

Yayi Boni : Merci, Nicolas, mais…

Sarkozy : Mais quoi Thomas ?

Yayi Boni : Te souviens-tu aussi que lors de ton départ à l’issue de ton premier voyage au Bénin, je t’avais soumis la question de ma réélection ?

Sarkozy : Oui, je m’en souviens bien et sur le coup, je t’avais même dit que c’était trop tôt pour l’envisager ; mais dès que j’ai été élu moi-même, j’ai compris le sens de ton impatience. Mon Monsieur Afrique,  Henri Guaino, pour ne pas le nommer, m’a dit un proverbe africain qui dit : “On ne sent l’utilité des fesses que quand vient le moment de s’asseoir”… Et je pense que maintenant je te comprends parfaitement… Mais alors que puis-je faire pour toi Thomas ?

Yayi Boni : Eh bien, Nicolas, tout ce que je veux, c’est que tu appuies cette réélection fermement, car elle m’est très chère…

Sarkozy : Certes, je m’en doute, mais en quoi faisant ? Je ne vais pas aller jusqu’à demander le gel des avoirs de tes opposants quand même…

Yayi Boni : Oh, non, de part et d’autres le soupçon de dictature plane sur nous pour se permettre d’envisager ce genre de mesure extrême, mais parmi mes adversaires, il y en a au moins un qui mérite d’être surveillé de près…

Sarkozy : C’est lequel ?

Yayi Boni : Me Adrien Houngbédji, mon adversaire historique !

Sarkozy : Il se représentera ?

Yayi Boni : Tout porte à le croire, et il est à l’affût.

Sarkozy : Alors que puis-je faire le concernant ?

Yayi Boni : Tout ce qui est en ton pouvoir, mon cher Nicolas, à commencer par le refus catégorique de tout soutien de ta part, en tant que Président de la France.

Sarkozy : Fais gaffe, Thomas, mes soutiens ne portent pas forcément chance… Quand, lors des élections américaines, j'avais pris fait et cause pour McCain, en refusant tout soutien à Obama, c'est celui-ci qui fut vainqueur ; faut-il que je te porte malheur, l'ami ?

Yayi Boni : Non, Nicolas, l'Amérique et l'Afrique ce n'est pas pareil ; en Afrique la France commande et les Africains obéissent, c'est dans l'ordre des choses… Il suffit que tu me soutiennes et toutes les chances seront de mon côté…

Sarkozy : Très bien, mon cher Thomas, je ne peux pas te refuser cela, vu tout ce que tu as fait pour moi… mais est-ce le seul adversaire qui t’inquiète ?

Yayi Boni : Puisque tu me poses la question, à vrai dire non…Un autre qui  m’inquiète aussi sinon plus est l’ex-ministre et actuel Président de la BOAD, mon compatriote du Nord, Bio TCHANE…Ah, mon cher Nicolas ! Si tu pouvais bloquer ses ambitions d’une façon ou d’une autre, alors là je te le revaudrai…

Sarkozy : Ecoute Thomas, j’ai une solution top secret, je te la communiquerai le moment venu, pour l’instant, ce que je te promets, c’est zéro soutien à tes deux cauchemars… ça te va ?

Yayi Boni : Parfait, Nicolas, pour l'instant, je ne demande pas mieux…

Binason Avèkes

clip_image001

Copyright, Blaise APLOGAN, 2008, © Bienvenu sur Babilown