
Mahougnon Sinsin
- Le projet
Il naît d’une triple intuition :
a. Mettre en lumière, par le geste graphique, l’esthétique scripturale des sentences Lǒ. L’idée est de montrer que les Lǒ, bien que conçus selon les canons esthétiques de l’oralité, recèlent une architecture graphique dont la “mise en espace”, par le tracé, révèle une métrique rigoureuse. Le recours au hiéroglyphe renforce la dimension visuelle des énoncés, offrant au lecteur une sorte de “masque textuel” qui invite autant à la contemplation esthétique qu’au déchiffrement du sens.
b. Actualiser et valoriser le système des Mdw-Ntr (hiéroglyphes) comme un patrimoine scriptural multimillénaire dont les signes et les symboles traduisent l’univers de sens et la tournure d’esprit des cultures négro-africaines classiques. Tout comme le Japon moderne sublime son héritage poétique et scriptural à travers l’art graphique des Haïku, nous pensons que les Africains contemporains, en s’appuyant sur leur patrimoine classique et traditionnel, peuvent développer un art poético-graphique que nous dénommons “Lǒxwì” (le tracé des Lǒ ou le trait des paroles sapientiales). C’est une manière de traduire la continuité culturelle nilo-atlantique en une réalité vivante et inspirante.
c. Célébrer la poétique de la vie par la puissance de l’image et la cadence sonore des mots. Il s’agit de calligraphier le Lǒ en l’incarnant dans une forme esthétique où le tracé donne un corps au souffle de la sagesse. Ainsi, la volute du trait épousera les méandres des contingences humaines, tandis que le signe visuel laissera entrevoir les fils inextricables dont la vie est tisée.
