AES, cédéao : Fantôme et Fantoche

Tinubu s’insurge et aboie contre l’AES, qu’il traite pince sans rire d’alliance fantôme.

A première vue, il va de soi que le Président Nigérian vole au secours de la France. Une France sevrée de l’uranium du Niger et qui entre en mode panique depuis l’avènement de l’AES. Tinubu pour se rattraper de ses promesses non tenues sur le Niger, essaie, par sa position critique vis à vis à vis de l’Alliance des États du Sahel, de mettre un peu de baume au cœur de la France qui en a grand besoin.

Mais au-delà de cet altruisme diplomatique tristement néocolonial, la critique de l’AES par le Président Nigérian est aussi une réaction d’arrière garde pro domo. Le Nigeria qui jouait les géants de l’Afrique — mais qui en vérité n’est géant que dans la corruption et l’injustice sociale — a peur de ce nouveau vrai géant qu’est l’AES. En effet, si cette alliance se concrétisait, elle serait à la tête d’une superficie trois plus grande que celle du Nigeria, et pour les richesses — pétrole et minerai — le rapport serait exponentiellement incomparable ! Voilà ce qui fait paniquer le Nigeria et son président qui n’auront plus que la bombe a retardement démographique comme atout différentiel. 

Dans tous les cas, Tinubu entre dans le lard d’une alliance qui apparemment ne lui a rien fait. Pas plus qu’elle n’a rien fait de mal à la CEDEAO qui, par ses décisions injustes et cruelles à l’égard de ces trois pays du Sahel, a justifié en grande partie sa réaction. Mais la vraie question est de savoir de quel droit ils s’en prennent à l’AES et à ses membres fondateurs ?. La démocratie dont ils prétendent être les chantres à la CEDEAO empêche-t-elle des États souverains de s’allier entre eux ? Surtout si ces derniers ont été violemment ostracisés par le même club de Démocraties en trompe-l’œil, façon « je-sers-la-France-et-je-suis-étiquetée-Démocratie-par-la-‘communauté-internationale’-au-mépris-de-la-voix-de-mon-peuple-soumis-et-abandonné-pire-qu’au-temps-colonial »

Pour Tinubu, l’AES est une alliance fantôme. Normal, parce que sa naissance constitue une hantise intime pour le Nigeria et un casse-tête, un défi et un cas de conscience pour la CEDEAO. Mais pour les Africains, la CEDEAO est une organisation fantoche, et il vaut mieux être fantôme que fantoche…

Aminou Balogun