Nigeria : le Tonnerre Tue un Homme qui Abattait un Iroko

Akure – Un entrepreneur en bois, nommé Aluko Ramoni, aurait été tué par un coup de tonnerre alors qu’il coupait un iroko à Ifira Akoko, dans l’État d’Ondo au Nigeria.

L’incident aurait provoqué un émoi dans la communauté, alors que les gens se pressaient pour voir le corps du défunt. Son cadavre a été mis en quarantaine par les adeptes de Sango invités à le transporter dans sa ville natale de Supare, la localité d’Akoko Sud-Ouest de l’État d’Ondo. Cependant, le lieu où le corps devrait être enterré serait source de controverses.

Les traditionalistes auraient insisté pour qu’il soit enterré dans la forêt, en raison des conditions de  sa mort. Mais les membres de sa famille préfèrent qu’il soit enterré à la maison. Selon le journal Vanguard qui rapporte la nouvelle,  deux personnes se trouvaient dans la ferme lorsque l’incident s’est produit, mais le tonnerre n’a tué que le sieur Ramoni. Le surintendant Biodun Ojediran, officier de la police divisionnaire de la localité a confirmé l’incident.

L’officier de police, qui a déclaré que le défunt était décédé dans la ferme en coupant l’arbre, a ajouté que l’enquête sur l’incident avait commencé.

L’Iroko, également connu sous le nom scientifique de Milicia excelsa, est un arbre imposant originaire des régions tropicales d’Afrique de l’Ouest. Appartenant à la famille des Moraceae, cet arbre majestueux peut atteindre une hauteur de 40 à 50 mètres, voire plus, avec un tronc droit et cylindrique, souvent massif. Sa durée de vie peut atteindre 500 ans !

Son feuillage se caractérise par des feuilles grandes, simples, alternes et ovales, d’un vert foncé brillant, persistant sur l’arbre tout au long de l’année. L’écorce de l’iroko présente une teinte grise à brun clair, agrémentée de fissures et de crevasses se développant avec le temps.

Particulièrement apprécié pour son bois, l’iroko est reconnu pour sa durabilité, sa résistance aux insectes et à la pourriture. Le bois d’iroko présente une palette de couleurs allant du jaune pâle au brun doré, avec des veines sombres. Il est largement utilisé dans la construction, la menuiserie, la fabrication de meubles et diverses autres applications.

Au-delà de son utilité commerciale, l’iroko revêt des significations culturelles et spirituelles dans certaines communautés africaines. Certains groupes ethniques considèrent l’iroko comme un arbre sacré, associé à des rites et des cérémonies. Chez les Yoruba et les Fon, il est considéré comme une divinité, qui abrite beaucoup d’esprits de la forêt. On comprend alors le sens qui peut être donné à l’incident.

Dans la tradition yoruba, la mort par la foudre est souvent associée à la colère de Sango,  le dieu du tonnerre, de la foudre et de la guerre. La mort foudroyante est perçue comme un signe de la colère de cette divinité puissante. Et il existe des rituels spécifiques pour l’inhumation d’une personne décédée de cette manière.

Les rituels peuvent inclure des pratiques visant à apaiser la colère de Sango, à purifier l’âme du défunt et à assurer le respect des coutumes religieuses et culturelles associées à cette circonstance particulière. Ces rituels impliquent des prières spécifiques, des offrandes, des cérémonies de purification et d’autres pratiques rituelles dirigées par des prêtres ou des chefs religieux.

En  pays Yoruba comme ailleurs, tout le monde n’est pas Soglo…

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