Afrique : le paradoxe des coups d’état

L’annonce et les pressions qu’exerce la cédéao dans le sens d’une intervention militaire au Niger sont les raisons mêmes du coup d’état qu’elle condamne. Parce que les pays de coup d’état subissent un traitement impair par rapport à d’autres pays ou l’offense faite à la démocratie ( 3ème mandat, tuerie, harcèlement des opposants) a fauché des dizaines de vies humaines là où au Niger comme auparavant au Mali, au Burkina Faso et en en Guinée les coups d’état sont intervenus sans effusion de sang. On peut donc estimer que, appréciés à l’aune du sang versé, les coups d’état militaires sur lesquels les Occidentaux s’acharnent sont préférables aux coups d’état des Ouattara, des Macky Sall, des Gnassingbé, des Nguesso, et consorts perpétrés dans un silence de mort, et sur fonds de dizaines de morts. Mais contre ces offenses qui riment avec homicide, les Blancs, comme la cédéao, ne disent rien.

Il est clair que les Occidentaux sont prêts à défendre leurs intérêts et leur domination des Africains au prix de la vie de ceux-ci, et c’est pour cela que leur indignation est à géométrie variable et qu’ils poussent la cédéao à aboyer contre certains pays alors qu’ils jouent les aveugles et les sourds quand cela les arrange.

Du reste, en Afrique, les pays qui aboient le plus pour une intervention au Niger sont ceux qui méritent le plus une intervention chez eux pour y rétablir la démocratie, la vraie. Ce n’est pas le moindre des paradoxes des coups d’état en Afrique.

Adenifuja Bolaji