
La problématique la plus importante n’est pas celle qui est à la mode avec la dénonciation à tout crin du complotisme ou des fake news. La problématique la plus importante est que nous sommes dans un monde régi par la concurrence des narratifs et que la réalité n’est jamais ce sur quoi les hommes, les médias et le monde dans son ensemble discutent, parlent. Ce dont les gens discutent à tous les niveaux des rapports humains tient essentiellement de constructions. Tout est construit. Et les gens honnêtes sont astreints à un effort de décryptage pour le moins hasardeux.
Dans ces conditions, le complot, le complotisme, les fake news ne sont que des singularités plus ou moins aléatoires d’un espace narratif complexe et concurrentiel.
Dans un monde hors sol où la réalité est le cadet des soucis des dominants obnubilés par la concurrence des narratifs, quel sens y a-t-il à parler de complotisme ?
Alan Basilegpo
