Fantasme de la Moscovie : Trois Raisons pour Lesquelles l’Occident en Veut à Mort à la Russie

Au temps d’airain du communisme, l’Occident s’opposait à la Russie, prétendument à cause de cette idéologie qu’il estimait inopérante, oppressive, et contraire à ce qu’il proclamait à cor et à cris comme étant ses valeurs de liberté et la supériorité du capitalisme sur le plan économique.

Mais, fort curieusement, après l’effondrement du mur de Berlin et l’abandon du communisme par les pays de l’Europe de l’est, l’Occident, sous la houlette impériale des États-Unis, continue de s’acharner sur la Russie. Pourquoi cette fixation apparemment injustifiée ?

En fait, la Russophobie n’a pas pour cause le communisme ; elle puise ses raisons dans la géographie et l’histoire, et celles-ci sont au moins de trois ordres.

Premier ordre : raison psychologique

La jalousie des États-Unis, insufflée aux autres pays de l’Europe, de voir la Russie une vieille nation, historiquement respectable, ce qu’elles ne sont pas, malgré leur prétention de vieilles nations ; car divisées et morcelées, aucune n’atteint démographiquement la taille de la Russie, sans parler de sa superficie qui est la première du monde, face à une Europe à l’étroit entre l’Asie et l’Afrique. C’est pour remédier et dénier cette petitesse des nations européennes que les USA, avec des marionnettes comme Monnet et Schumann,  ont mis en œuvre l’unification de l’Europe destinée à servir à ses fins contre les vieilles nations de l’Asie que sont la Russie, la Chine et l’Inde.

Deuxième ordre : raison géographique

Avec plus de 17 millions de km², la Russie est le pays le plus étendu du monde. Elle possède la vaste Sibérie, qui constitue à elle seule un scandale minéralogique, en raison de la variété et de la quantité impressionnantes de matières premières dont elle regorge : gaz, hydrocarbure, pétrole, diamant, fer, aluminium, métaux rare, etc..

Les États-Unis, et sans doute aussi la Chine dans une moindre mesure, ne voient pas cela d’un bon œil. Comment briser ce bloc territorial d’une étendue et d’une richesse inouïes qui revient à une seule nation ? Dans leur for intérieur et à mots à peine couverts, les États-Unis n’hésitent pas à contester rétrospectivement la légitimité de la propriété de la Russie sur ces richesses et ces vastes territoires. Ils se disent que les autres puissances européennes des siècles antérieurs auraient pu, elles aussi, faire des incursions victorieuses dans les territoires que s’arrogent aujourd’hui la Russie ; ce qui aurait changé l’ordre des choses. Enfermés dans cette vision contrefactuelle de l’histoire de la Russie, les États-Unis ne désespèrent par d’y apporter des corrections afin de mettre fin au scandale territorial qu’elle représente à leurs yeux.

Mais si la Russie a fait mains basses sur de vastes terres de l’Asie et de la Sibérie en toute tranquillité géopolitique, c’est qu’au moment où, suivant le mot d’ordre de la geste conquérante d’Ivan le terrible, elle s’agrandissait, les autres nations européennes qui auraient pu la marquer à la culotte étaient engagées dans une ruée barbare sur l’Amérique, l’Afrique, l’Asie, et l’Océanie : ils se passionnaient pour des expéditions sanglantes et barbares dans des contrées autrement plus exotiques ; ils étaient occupées à exterminer les Amérindiens et les aborigènes d’Australie, à réifier les nègres d’Afrique par l’esclavage et la traite négrière, à  coloniser l’Inde et l’Afrique, le Vietnam, l’Indonésie, etc; ils étaient occupés à se gargariser d’une supériorité putative de leur race qu’ils passaient le plus clair de leur temps à théoriser, au moment où la Russie s’agrandissait sans crier gare. Aujourd’hui que par la force des choses – la ruse de la résilience des Africains – la colonisation est sommée de prendre fin et que les Occidentaux, à force de parler de liberté, ont fini par être pris à leur propre piège, force est de constater que ces empires sur lesquels le soleil ne se couchait jamais et dont ils se glorifiaient jadis, ont fondu comme neige au soleil de la liberté. En dehors des terres de peuplement qui correspondent aussi à celles de génocides multiformes, l’Occident a perdu la quasi-totalité du monde sur lequel il régnait naguère, et qui en dépit de sa discontinuité topologique, était bien plus vaste que le territoire russe d’aujourd’hui, objet de tous les fantasmes géopolitiques. D’où la russophobie, c’est-à-dire la jalousie de voir que la Russie, qui n’avait pas participé à l’équipée coloniale barbare de l’Occident dans le vaste monde, gardait intact son territoire dont la consistance géopolitique n’était pas seulement fondée dans l’histoire mais aussi par sa continuité topologique. D’où les appels surannés et pathétiques à la décolonisation de la Russie qui résonnent comme une métaphore insolite. Cet appel en Europe est relayé par la Pologne et les pays baltes, mais aussi en Asie centrale où il trouve des échos de l’Azerbaïdjan à l’Afghanistan. Mais on connaît le succès des États-Unis sur le terrain asiatique, notamment en Afghanistan.

Troisième ordre : Raison démographique négative

Enfin, la troisième raison pour laquelle l’occident s’acharne contre la Russie est sa contreperformance démographique. En principe, avec une superficie comme la sienne, on était en droit de s’attendre de la part de a Russie à une population qui se chiffre en milliards – entre 1, 5 et  2.  Ce qui la placerait légitimement au même rang que la Chine et l’Inde aujourd’hui. Un tel poids démographique, arcbouté à une économie conséquente, aurait suscité le respect, et ceux qui voudraient chercher noise à la Russie aujourd’hui, militairement comme économiquement, devraient y réfléchir par deux fois avant de se lancer dans une telle aventure.

Cette contreperformance démographique plonge ses racines dans les eaux saumâtres d’un dilemme sociopolitique où la survie ethnique de la majorité blanche et chrétienne de Russie le dispute à sa bonne volonté nationale. Quoi qu’il en soit, cette faiblesse démographique vient en appui à la sourde guérilla géopolitique que mène l’Occident contre la Russie, mettant en jeu sinon en cause sa souveraineté sur un  territoire dont l’étendue – trente fois celle d’un pays comme la France –est disproportionnée comparée à son poids démographique – le double de la France. Dans leur for intérieur, les Occidentaux, à commencer par les États-Unis – race qui se prend pour maitre des richesses du monde et qui croit que tout lui revient en primeur et en priorité – pensent que la Russie ne mérite pas tout le territoire dont elle se réclame ; ce qui les renforce dans l’idée absurde de la décolonisation, cette métaphore sinistre qu’ils tiennent coûte que coûte à réaliser.

Le démantèlement de la Russie correspond à un furieux fantasme des pays de l’Europe de l’Est, notamment la Pologne et les pays baltes, les plus remontés contre elle pour des raisons historiques. Selon les termes de l’ancien dirigeant polonais Lech Walesa, la Russie devrait être ramenée à un pays de 50 millions d’habitants sur un territoire proportionnellement plus réduit. Une telle entreprise suppose d’enlever de la Russie actuelle rien moins que le Bachkortostan, l’Altaï, la Bouriatie, l’Ingouchie, le Daghestan, le Tatarstan, et pourquoi pas la Tchétchénie pendant qu’ils y sont. Ce fantasme de démantèlement n’est du reste pas exempt d’une logique de séparation voire de purification ethnique, puisque c’est bien sur les différences ethniques et raciales que se fonde le docteur Lech Walesa pour préconiser sa cure d’amaigrissement géopolitique de la Russie.

Sous la houlette des États-Unis, et de ses chiens de garde européistes  — Pologne Pays baltes, etc. – ce que souhaite l’Occident dans cette guerre de l’Ukraine c’est de ramener la Russie à son étendue du 16ème siècle avant l’époque d’Ivan le terrible, au temps où il n’était qu’un petit royaume nommée Moscovie. Obsession hégémoniste à l’épreuve d’une histoire contrefactuelle pour le moins délirante !

Adenifuja Bolaji

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