Russie/occident: Qui peut Humilier qui

Le Président Macron, conformément à un penchant bien français à faire le malin, et aussi pour flatter l’électorat de gauche dans cette phase risquée des élections législatives, a laissé entendre qu’il ne fallait pas humilier la Russie. Sous les dehors d’un discours bienveillant et épris de sagesse, nous avons affaire à un élément de langage de propagande qui multiplie les subtilités et les ruses rhétoriques pour atteindre ses buts : faire croire ce qui n’est pas, chloroformer les consciences des peuples pendant qu’ils paient le prix fort d’une posture belliciste infâme.

Humilier la Russie reviendrait en vérité à sous-entendre que la Russie serait en échec et que les Européens, l’Amérique et l’Otan seraient implicitement vainqueurs. Mais quels sont les critères de cet échec russe ? La Russie a-t-elle jamais dit la durée et le but exacts de son  opération ? Et à l’aune des opérations similaires dans lesquelles les États-Unis se sont illustrés ces dernières années sans prendre de gant, la Russie a-t-elle vraiment démérité ? A-t-elle fait moins ? Les interventions américaines au Kossovo, en  Iraq, et même en Libye ont-elles pris fin en deux mois ?

Après l’abasourdissement suscité  par l’intervention russe due à sa complaisance avec l’Ukraine et ses néo-nazis, l’Occident en déclin n’a trouvé d’autres réactions que la surenchère et l’envoi massif d’armes. Dans quel but ? Parce qu’il rêve d’un David ukrainien mettant en échec le Goliath russe. Faire durer la guerre pour provoquer l’impatience russe et des morts afin de pouvoir crier ensuite aux crimes de guerre, histoire de faire apparaître la Russie comme un pays monstrueux, dirigé par un dictateur sanguinaire. Et pourtant, malgré la propagande féroce des médias et milieux politiques occidentaux, le nombre de victimes de cette guerre reste un  chouia comparé aux centaines de milliers de morts que les États-Unis ont  faits en Irak en quelques mois, dans l’indifférence générale des grands moralisateurs occidentaux pour qui les morts se mesurent à la blancheur de leur peau, à la blondeur de leurs cheveux ou à leur appartenance à la chrétienté.

Entre la Russie et l’Occident qui est en échec aujourd’hui ? Qui pâtit immédiatement de la guerre ? La Russie dont la monnaie n’a jamais été aussi forte ? La Russie qui a fait plus de 50% de rentrée de devises en quatre mois dans la vente de ses ressources énergétiques ? Ou bien l’occident qui s’est tiré une balle dans le pied avec ses sanctions stupides qui le frappent plus que leur cible supposée ? L’échec imaginaire de la Russie pour lequel Macron appelle à ne pas l’humilier réside-t-il dans le fait que l’envoi massif d’armes en Ukraine fait durer le malheur de sa population ? Dans cette affaire, le jeu de dupe est à tous les étages. Les USA soucieux de vendre leur gaz de schiste et d’en découdre avec la Russie incite l’Europe à la guerre et lui dicte sa politique, et l’Europe s’exécute comme un chien alors qu’elle est la seule à en payer le prix fort, avec ses peuples soumis à une hausse des prix et une perte de pouvoir d’achat sans précédent. Et l’Europe à son tour incite l’Ukraine et son dirigeant pantin à faire la guerre tandis que le peuple ukrainien paie le prix fort de cette bêtise dans le malheur, le sang et la souffrance. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs… Cette chaine descendante de la bêtise est affligeante et révoltante et on se demande pendant combien de temps, elle tiendra encore les protagonistes sous sa coupe.

Et c’est ça que Macron appelle humiliation. (« la paix ne se construira pas dans l’humiliation de la Russie ») Mais qui est fondé à humilier qui dans cette affaire ?

En bon Français, Macron a beau jeu de faire son petit malin d’homme de bon sens – juste le temps des élections législatives – mais les vrais humiliés dans cette affaire, c’est cette Europe et l‘Occident en perte de vitesse dans un monde en mutation voué à une multipolarité inéluctable. La grande humiliation est le chant du cygne du dollar roi, la dédollarisation de l’économie qui se profile, la création d’un bloc anti occidental militaire entre la Chine et la Russie, l’entrée dans un monde où l’Occident pour une fois depuis cinq siècles, en bon chrétien, devra accepter de gagner son pain  à la sueur de son  front, et non pas à coup d’esclavage, de colonisation, de génocides et de domination racistes des autres.

Ahandeci Berlioz

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