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La Communication des Roitelets Africains à l’Ère des Nouveaux Médias et Autres Réseaux Sociaux

Dans les deux vidéos ci-dessous, on voit les présidents du Bénin et du Togo, intervenir tour à tour pour défendre leurs points de vue sur l’endettement et les rapports des pays africains  avec les institutions financières internationales.

Parlant urbi et orbi devant les organes de presse de leur maître et mentor Françafrique – RFI, Jeune Afrique , etc – nos roitelets avaient la partie belle. Ils étaient décidés à en mettre plein la vue à leurs auditeurs et téléspectateurs. Le but de la manœuvre c’est de communiquer façon moderne, virile et intelligente, faire montre d’éloquence dans la langue du maître, réaliser une belle prestation audiovisuelle qui, bien conditionnée, pourra être diffusée à travers les mille et un canaux  des nouveaux médias et autres réseaux sociaux.

En général, en Afrique, nos dictateurs sont des hommes obscurs, honteux, irrationnels qui sont avares de discours. Ils volent des élections, pillent les caisses des Etats, violent femmes, filles et fillettes qui leur tombent sous la main  comme dans un rêve, empoisonnent, jettent en prison ou tuent leurs opposants. Quand on fait ce genre de choses horribles et sombres, on n’est pas très fier de soi, on  a honte devant son peuple, on ne parle pas, et même quand on parle, on ne parle qu’à soi-même ou à ses griots.

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Mais là, sortant de l’ordinaire, comme le montrent ces deux vidéos échappées des entrailles complices des RFI et autre Jeune Afrique, — médias fétiches de leur maîtres historique –, les dictateurs béninois et togolais parlent. Ils disent des choses censées faire sens,  et crèvent d’envie d’apparaître des gens sensés. L’un campe le pôle du révolté, le digne descendant de Béhanzin qui n’a pas peur de ne pas mâcher ses mots dans une  Françafrique où trop parler est synonyme de mort biologique ou politique ; l’autre, tel un roquet dans un Togo enfant pauvre de référence historique, met ses pas dans ceux du grand frère béninois, avec en plus un style qui se veut châtié, une manière de ciseler la parole en français qui montre qu’on peut être le continuateur d’une dynastie d’assassins et n’être pas à court d’esprit.  Dans les deux cas, le recours à la référence au maître colonial joue une fonction de preuve syllogistique classique chez l’Africain colonisé : je parle bien la langue du Blanc, donc je suis quelqu’un – être quelqu’un voulant dire ici : «  je suis intelligent, je sais réfléchir, j’ai l’esprit critique, j’ai de la sensibilité et de la culture, bref in fine, je suis un homme d’honneur qui se bat pour le bien-être de son peuple »

Mais au fond, même et surtout lorsqu’il sort de l’ordinaire, ce type de communication à forte valeur pédagogique et dont l’intention est de duper, n’est pas nouveau dans le ciel de l’Afrique sous ordre colonial français. Il ne faut pas oublier que jadis, entre deux assassinats de grands espoirs africains comme Patrice Lumumba ou Sylvanus Olympio, les dictateurs Zaïrois et Togolais se drapaient dans les oripeaux de fils authentiques de l’Afrique, prônaient l’authenticité africaine, changeaient les noms de leur pays ou de leurs concitoyens pour soi-disant  leur restituer une certaine dignité. Plus près de nous dans le temps, on a vu aussi qu’entre deux tentatives de manipulation de la constitution pour s’éterniser au pouvoir ou deux répressions militaires de leurs opposants civils assistées par l’armée française,  Alfa Condé de Guinée ou Idris Deby du Tchad pouvaient jouer à plus-Africain-que-moi-tu-meurs, en serinant de ci- delà des propos pseudo-rebelles à l’ordre colonial, comme si leur liberté de ton factice scellait la rupture du cordon ombilical avec le maître colonial.

Mais  évidemment il n’en est rien. La vérité est que, aujourd’hui comme hier, nos dictateurs bénéficient de l’assistance technique de leur maître qui leur enseignent la posture à adopter pour bien manipuler leur peuple. Des cabinets de communication et de propagande sont à la manœuvre dans les officines de Paris, Londres ou New York, qui enseignent à  nos roitelets à tromper la crédulité voire la vigilance de leurs peuples, et ce dans l’intérêt primordial des Occidentaux.


 


 

Adenifuja Bolaji

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