Lutte contre le Racisme anti-Noir : Enjeux, Urgence et Méthodes

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Il est indispensable de lutter contre le racisme anti-noir en Occident, de ruiner ses thèses et de traquer ses manifestations diverses et variées.

En effet, quand vous voyez les valeurs que les Occidentaux prétendent défendre pour leurs sociétés et leurs semblables blancs, vous êtes sidérés par leur violation sur d’autres peuples non-blancs, et le traitement inhumain qu’ils leur infligent. Comment des ressortissants d’une civilisation chrétienne prétendant prêcher l’amour du prochain et la fraternité des fils de Dieu peuvent-ils être, à l’arrivée, responsables de génocides de races entières en Amérique et en Australie ? Comment peuvent-ils pendant quatre cents ans mettre en esclavage toute une humanité en Afrique noire ? On n’a pas idée que des sociétés qui vénèrent chez elles l’individu, la vie humaine, la liberté et  l’égalité, des sociétés dont les plus illustres philosophes ont énoncé à la face du monde  que nul ne devrait faire à autrui ce qu’il n’aurait voulu qu’on lui fasse, on n’a pas idée que ces mêmes sociétés puissent à ce point violer ces valeurs à l’extérieur. Tout se passe comme si – aussi bien qu’ils vénèrent l’humanité de leurs semblables– celle-ci disparaît et fait place à l’animalité au delà des limites de ce qu’ils considèrent comme leur race.

La justification de ce comportement schizophrénique est le racisme, plus ou moins conscient, qui présente les non-Blancs comme des sous-hommes sinon des animaux qui, de ce fait, ne relèvent pas strictement du droit humain tel que reconnu et appliqué chez eux. Même lorsqu’en Europe-même – malgré l’excuse des excès inhérents à toute guerre – les Allemands ont voulu en finir avec les Juifs, il a fallu qu’une certaine propagande les exclue de la race aryenne considérée comme supérieure à toutes les autres et de ce fait ayant droit de vie ou de mort sur elles.

Bien souvent, le racisme est étayé par la justification technologique. Selon l’idéologie raciste, de la plus élaborée à la plus grossière, la technologie stratifie les êtres. Et l’humanité véritable n’est concédée qu’aux détenteurs de la technologie la plus puissante. A partir du moment où ils détenaient la technologie la plus avancée du moment, – sous-entendu les armes les plus meurtrières ou les plus dissuasives – les Blancs se sont décrétés exclusivement hommes, en même temps qu’ils attribuaient à leur Dieu l’essence exclusive de la divinité. Les autres peuples étant au mieux  des ersatz d’hommes sinon des singes – c’est-à-dire des animaux imitant l’homme – et classés suivant le degré de perfection de leurs réalisations techniques dont le Blanc seul se faisait juge.

C’est par cette damnation ontologique caractéristique de leur regard sur les autres peuples que les Blancs justifient les génocides commis par eux en Amérique, en Océanie et en Afrique du Sud ; c’est par elle aussi qu’ils justifient l’esclavage pluriséculaire des Noirs et la colonisation en Afrique, tenue pour une entreprise de civilisation. C’est encore elle qui motive, à les en croire, le néocolonialisme, expression ahurissante de leur impénitence historique. Mais ces justifications, qui relèvent du mécanisme psychologique de la rationalisation, sont à distinguer du motif réel de ces crimes historiques tous enracinés dans la cupidité, le viol et le vol.

Ce regard qu’ils portent sur les autres peuples a été appliqué presque partout dans l’espace et le temps du monde avec plus ou moins de retenue. L’Inde et la Chine sont apparues de gros morceaux à avaler pour deux raisons essentielles ; d’une part pour des raisons démographiques et militaires, ces sociétés anciennement civilisées et mieux organisées n’étaient ni faciles à exterminer ni à réduire en esclavage sans risquer de payer le prix fort ; d’autre part en raison d’une moindre distance culturelle et morphologique, les Blancs avaient du mal à faire valoir la justification classique de la sauvagerie ou de l’animalité des Asiatiques. Mais ils ne lâchèrent pas toutefois le morceau sans avoir mis l’Inde et le Pakistan dans les fers du colonialisme, tandis que la Chine eut droit à quelques tentatives surréelles de colonisation qui se terminèrent toutes en eau de boudin.

La violence du regard raciste des Européens s’est surtout rabattue sur les peuples qui, contrairement aux Asiatiques, ne justifiaient pas d’une histoire technologique solide et continue. Bien que les Européens se soient évertués à séparer l’Afrique noire de l’Egypte considérée comme blanche, l’historiographie a établi ce que Cheik Anta Diop a appelé l’antériorité des civilisations noires et leur participation de la grande civilisation égyptienne. La différence de l’Afrique comparée à l’Inde et surtout à la Chine relativement préservées de la barbarie occidentale, et de son lot d’esclavage et de génocides est que les Africains n’étaient pas dépositaires des réalisations technologiques de la civilisation égyptienne dont ils ont été dépossédés par le jeu des vicissitudes de l’histoire et de la géographie. Il n’y a pas non plus de nation égyptienne en Afrique noire au sens où la Chine moderne incarne la permanence de la civilisation chinoise depuis plusieurs millénaires. Tous ces aléas de disséminations et de discontinuités sinon de ruptures qui ont marqué l’identité égyptienne des Africains, les ont prédisposés à subir les violences du traitement raciste des Occidentaux, puisqu’au moment de leur jugement, contrairement aux Chinois, les Noirs n’étaient pas au pied des pyramides construites par leurs ancêtres, ni dans les somptueux palais impériaux d’Egypte. Ils ne pouvaient pas non plus, à partir des techniques militaires de leurs ancêtres qu’ils avaient perdues, organiser leur défense. Et cette vulnérabilité multiple a joué contre eux.

Aujourd’hui, les Africains sont confrontés au racisme des Occidentaux et à leur impénitence historique. Le racisme est d’autant plus virulent que le continent est riche en matières premières dont les Blancs s’accaparent sans gêne. Le racisme est devenu le masque de leur cupidité. Le discours implicite à usage collectif est que les Noirs sont des sous-hommes, qui n’ont jamais rien inventé, n’ont jamais eu d’écriture ni de culture savante, n’ont jamais rien produit de beau ni de grand ; dès lors les Blancs ne doivent pas se gêner pour exploiter les richesses que la providence a mis sous leur sol et qu’ils  sont incapables  d’exploiter en raison de leur infériorité.

La lutte contre le racisme fait donc partie de la lutte contre le pillage et la domination de l’Afrique. La conscience des  Africains et surtout des élites africaines est de ce point de vue décisive. Les peuples africains, contrairement à ce qui s’est passé pendant la période de l’esclavage qui a duré plus de 400 ans, ne doivent pas tolérer le pillage et la domination de l’Afrique par les Occidentaux, qui font partie du programme du néocolonialisme. Ils doivent avoir la révolte chevillée à l’âme et au corps. Ils doivent être prêts à défendre leur liberté au prix de la dernière goutte de leur sang. Quant aux élites, les intellectuels, les hommes de communication, les artistes, il leur incombe d’être le porte-voix de notre humanité trop souvent niée. Tout ce qui peut être fait pour désinformer les consciences occidentales sur le mythe de l’infériorité historique ou naturelle des Noirs – idée maitresse du racisme anti-noir – doit être fait.

C’est en travaillant à partager une représentation assainie les uns des autres que l’on pourra déjouer les pièges du racisme et par voie de conséquence préserver l’Afrique de la domination et du pillage par les Occidentaux. Ainsi aussi pourra-t-on résoudre le paradoxe occidental d’un peuple qui vénère chez lui les valeurs humaines pour les fouler au pied chez les autres sous prétexte de leur infériorité.

Adenifuja Bolaji

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