Afrique : Religions et Maladie

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(…) le problème de la définition de la religion aboutit toujours peu ou prou à une hiérarchisation des formes religieuses ou des cultures. ; cette hiérarchisation peut s’exprimer indirectement dans un langage culturaliste ; nous le repérons à quelque distance de notre sujet stricto sensu, dans le définition opérée récemment par un anthropologue comme Foster (1976) à propos des systèmes médicaux, entre les « personalitstic medical systems » et les « naturalistic medical systems » : dans les premiers (très attestés en Afrique) la maladie serait prioritairement attribuée à l’action d’un agent humain ou non humain ( sorcier, ancêtre, esprit, dieu) ; dans les seconds ( correspondant à une tradition attestée en Chine, en Inde, dans la Grèce antique et Rome) c’est à un déséquilibre entre les principes ou les humeurs constitutifs du corps humain ou de la personnalité ( chaud et froid, humide et sec, ying et yang) que seraient attribuées les maladies, et la thérapeutique n’aurait rien à voir avec la magie et la religion ; cette distinction relève d’un apriorisme dont l’exemple ashanti montre la fragilité : la définition de la santé par rapport à un équilibre des humeurs ou des principes vitaux n’est pas incompatible avec  une conception persécutive de la maladie, par exemple avec une théorie de l’agression en sorcellerie.

Marc Augé, Génie du Paganisme, Folio Gallimard, 1982, p.42

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