L’Afrique a et Aura ce qu’elle Mérite

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Je viens de laisser partir un jeune Bengali qui a profité de l’aide que je pouvais lui apporter ès qualité en tant que prof de maths. Il n’arrête pas d’en demander, il est en classe de 1ère et ne se limite pas du reste aux maths, car il me soumet aussi des questions voire des problèmes dans les autres disciplines, (physique, géographie, français, anglais) ; du moment qu’il a appris que j’étais un écrivain, avec cette fausse idée que les gens ont de l’écrivain perçu comme un démiurge omniscient.

Je me porte volontiers à  son secours avec la bonne volonté d’apporter mon aide à ce jeune homme prometteur, copain de basket de mon fils, arrivé en France depuis trois ans. Dans la même veine secouriste, mais avec en plus un esprit de solidarité africaine, je ne compte pas le nombre de fois que j’ai démarché des parents d’enfants africains – Maliens, Sénégalais, etc. de ma petite ville, rencontrés souvent lors de réunions associatives ou culturelles, afin de leur apporter mon aide. Adressée tantôt aux parents, tantôt directement aux enfants eux-mêmes le cas échéant, ma proposition a été appuyée, et insistante. Je voulais seulement apporter ma petite contribution pour inverser la tendance sournoise qui porte les enfants africains d’ici à se laisser enfermer  dans la culture de football  et les logiques d’échec et de manque d’ambition alors qu’ils ont tout pour réussir. Je voulais déjouer la détermination arrangée du système qui, quoiqu’on dise, les programme plus pour devenir camionneurs, livreurs, hommes de sécurité, balayeurs, femmes de ménage, ou au mieux policier ou infirmière, au lieu d’ingénieurs, de médecins, de professeurs, de chercheurs, de banquiers, ou de pharmaciens.

Je ne compte pas le nombre de fois où, pour les appâter et leur donner le goût des études, j’ai donné des livres neufs, des instruments de maths, des calculatrices à ces enfants, mais rien n’y a fait. Les parents promettaient à chaque fois d’envoyer vers moi leurs enfants ; et ces jeunes aussi avec lesquels je parlais parfois au téléphone en prenaient l’engagement, mais jamais suivi d’effet..

Après, tout le monde constate avec tristesse que les Noirs n’avancent pas. Mais le progrès ça ne tombe pas du ciel. La différence entre ce jeune Bengali dont le père est au chômage et ces jeunes Africains rétifs est tout simplement éthique.

On ne se refait pas. La vie continue. Nul ne peut récolter ce qu’il n’a pas semé. Les Africains d’ici ou d’ailleurs auront ce qu’ils méritent. L’Afrique aussi.

Alan Basilegpo

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