
En marchant dans une rue près du parc de la Villette à Paris, après mon jogging ce samedi, je vois dans une voiture stationnée près du trottoir à l’ombre des arbres un homme blanc sphérique avec un gros nez, assis dans une voiture ; à ses côtés se trouvait une jeune et jolie femme noire bien née qui n’avait pas 27 ans. L’homme pouvait bien avoir les soixante-dix ans.
Joli, l’amour qui ne connaît ni âge ni couleur ! Mais depuis 40 ans que je suis à Paris je n’ai pas encore vu l’inverse d’un tel casting : un homme noir sphérique vieux et laid crânant aux côtés d’une jolie blonde bien née de moins de 30 ans ! Depuis que l’acquisition d’une Dulcinée noire est au bout d’un clic, les vieillards blancs d’Occident ont le vent en poupe, et de quoi satisfaire comme bon leur semble le démon de minuit qui les hante.

L’exploitation de l’Afrique a toujours été limitée dans sa critique aux matières premières. Et pourtant, que ce soit l’esclavage ou la colonisation, il y a bien une histoire morale de ces fléaux historiques, épistémologiquement déniée, que personne ne songe à faire tout simplement parce que le Blanc qui donne le la du savoir dénie consciemment ou inconsciemment cet aspect.
En vérité, l’exploitation de l’Afrique a toujours été plus générale qu’il n’y paraît. Elle est aussi matérielle que culturelle et morale. Elle sévit bien sûr au niveau des matières premières, des ressources matérielles que l’Occident convoite ; et au chapitre de celles-ci, se trouve bien le corps, l’être réifié du dominé, qu’il soit esclave ou colonisé. Mais parallèlement et concurremment à cet aspect purement matériel, l’exploitation de l’Afrique sévit aussi au niveau moral, érotique et sexuel. Dans ce domaine, comme dans le domaine matériel, le Blanc adopte la même posture léonine implacable. Sans vergogne ni scrupule, et en contradiction flagrante de son discours raciste, il impose de se servir en premier, prend l’homme ou la femme noire conforme à ses fantasmes et ses rêves avant de laisser le Noir choisir. La sociologie de l’amour est tout à son avantage. La femme qui par instinct recherche la sécurité matérielle et dont le réalisme est une seconde nature, n’a pas besoin de leçons particulières pour faire son choix entre le Blanc et le Noir… Elle sacrifie volontiers l’idée d’appartenance identitaire sur l’autel du réalisme sociologique. Souvent dans les sociétés européennes, et même au niveau global, le Noir et le Blanc ne sont jamais en concurrence pour le choix d’un partenaire amoureux. Cette logique conduit au fait que l’homme Blanc le plus laid et/ou le plus vieux se tape facilement la femme noire la plus jeune et la plus jolie. De même que la femme blanche la plus laide et /ou la plus vieille se tape l’homme noir le plus vigoureux et le plus beau. Parfois les écarts d’âge et le décalage esthétique sont si criants que la nature profondément prostitutionnelle de ces échanges, même enjolivés par le discours amoureux, comme les Blancs savent le faire, ou légitimés par un mariage, saute aux yeux.

Dans les Deux cas, comme au niveau des ressources matérielles, les Noirs – hommes ou femmes – se contentent des reliefs et des carcasses…
Pendant combien de temps cette injustice criante va-t-elle durer ?
Nkosi Sikelel’ iAfrika
Adenifuja Bolaji
L’Afrique, ce Cochon Français
L’Afrique et la Métaphysique du Porc
