Transparency International Index 2017

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L’Indice de perception de la corruption 2017 met en avant l’ampleur du fardeau que représente la corruption dans plus des deux-tiers des pays du monde

Communiqué, le 21 février 2018

L’analyse des résultats de Transparency International montre que la répression exercée contre les ONG et les médias est associée à des degrés élevés de corruption.

L’indice publié aujourd’hui par Transparency International, qui célèbre son 25e anniversaire cette année, révèle des faits troublants. En effet, malgré des actions de lutte contre la corruption à travers le monde, la plupart des pays progressent trop lentement, on constate ainsi que nombreux sont ceux qui n’ont fait que peu ou pas de progrès au cours des six dernières années. Une analyse plus approfondie de l’indice met en avant une constatation encore plus alarmante et montre que les pays dont les niveaux de protection des journalistes et des organisations non gouvernementales sont les plus faibles, sont aussi ceux où les taux de corruption sont les plus élevés.

Chaque semaine, un journaliste est tué dans un pays très corrompu

À partir de l’analyse des résultats de l’Indice, Transparency International a examiné de plus près les rapports qui existent entre les niveaux de corruption, la défense des libertés de journalistes, et l’engagement de la société civile. Il se trouve que la quasi-totalité des journalistes tués depuis 2012 l’ont été dans des pays très corrompus.

« Aucun activiste ou journaliste ne devrait craindre pour leur vie lorsqu’ils dénoncent la corruption, » déclare Patricia Moreira, directrice de Transparency International. « Vu les mesures de répression qui sont actuellement exercées partout dans le monde contre la société civile et les médias, nous devons faire plus pour protéger ceux qui s’expriment ouvertement. »

Réunissant des données provenant du Comité pour la protection des journalistes, l’analyse montre qu’au cours de ces six dernières années, 9 sur 10 journalistes tués l’ont été dans des pays dont la note à l’Indice de perception de la corruption est inférieure à 45. Cela signifie qu’en moyenne, chaque semaine, au minimum un journaliste est tué dans un pays très corrompu. De plus, parmi les journalistes tués, un journaliste sur cinq enquêtait sur des faits de corruption. Malheureusement, dans la plupart des cas justice n’a pas été rendue.

Les travaux menés par Transparency International en collaboration directe avec plus de 100 de ses sections nationales, ont confirmé les liens étroits qui existent entre la corruption et la liberté de la presse. Le Brésil, par exemple, qui affiche la note de 37 à l’indice de cette année, a été témoin de l’assassinat de 20 journalistes au cours des six dernières années. Ciblés pour leurs enquêtes, notamment sur des phénomènes de corruption au sein d’administrations locales et sur la criminalité liée au trafic de stupéfiants, les journalistes sur place au Brésil risquent chaque jour leur vie par le simple fait d’exercer leur métier.

Relation entre la corruption et la réduction du champ d’activité de la société civile

Transparency International s’est également penchée sur les rapports qui existent entre le niveau de corruption et le degré de faculté dont jouissent les organisations de la société civile à travailler sur et influencer les politiques publiques. Se basant sur des données du World Justice Project (WJP – Projet de justice mondial), l’analyse montre que la plupart des pays qui affichent de mauvaises notes au regard des libertés civiques ont tendance également à avoir des degrés élevés de corruption.

« Les campagnes de dénigrement, les actes de harcèlement, les actions en justice et les obstacles bureaucratiques sont autant d’outils auxquels certains gouvernements ont recours pour tenter de faire taire ceux qui luttent contre la corruption, » ajoute Patricia Moreira. « Nous exhortons les gouvernements qui se cachent derrière des lois restrictives à les révoquer immédiatement et à promouvoir une plus grande participation citoyenne.»

La Hongrie, qui a vu son indice tomber de 10 points ces six dernières années, passant de 55 en 2012 à 45 en 2017, représente l’un des exemples les plus alarmants de la réduction de la liberté d’action de la société civile en Europe de l’Est. S’il est promulgué, un projet de loi récemment soumis au parlement pourrait restreindre l’activité des ONG et révoquer leur statut caritatif. Il en découlerait des conséquences catastrophiques pour nombre de groupes de la société civile déjà affectés par les contraintes que leur a imposées une loi précédente stigmatisant les ONG sur la base de leurs structures de financement.

Pour plus de précisions, veuillez visiter: http://www.transparency.org/cpi

Corruption Perception Index 2017

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