Trou du Cul : Insulte de Trump Adressée aux Africains, c/o Obama

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Nous sommes vraiment des trous du cul. Mais aussi orduriers soient-ils, de la part de leur émetteur, les propos de Trump ont un double usage. Outre le fait qu’au fond Trump destinait in fine et en priorité cette insulte à Obama – car sa mission raciste en lui succédant était de laver l’opprobre de l’occupation de la maison blanche par un Noir africain – il reste que ce sont des choses qui ne se disent pas. Même si, comme il le prétend, on est un « génie sain ».
Nous sommes vraiment des trous du cul mais ce genre de choses ne se dit pas publiquement à l’endroit de nations noires africaines pauvres, ou plus exactement appauvries ; elles ne se disent pas de la part du chef d’une des plus grandes nations blanches et riches du monde, ou plus exactement blanchies et enrichies ; d’autant plus blanchies et enrichies qu’elles n’ont eu de cesse de nous éconduire dans le trou du cul du monde auquel, en raison de nos vices, bêtises et irresponsabilités, nous avons fini par nous identifier corps et âme.
Trump, par ses propos orduriers et racistes, a fait d’une pierre deux coups, entre catharsis et communication. En raciste blanc congénital, porte flambeau du Tea party, la catharsis visait à se défouler sur le dos des Noirs érigés en épouvantail du bonheur blanc. Pour dénier le fait que sans la force du Noir réduit en esclavage pendant quatre siècles, l’Amérique ne pourrait pas en être là où elle est aujourd’hui ; dénier le fait que sans les richesses de l’Afrique pillées par l’Occident, les Blancs ne seraient pas dans la prospérité aujourd’hui, selon un modus operandi classique de la psychosociologie du racisme, il faut diaboliser le Noir, l’Africain, se raconter à soi-même la fable de son infériorité intellectuelle et culturelle pour mieux se persuader de cette dramatique et obsédante nécessité de la supériorité blanche. Selon l’idéologie raciste et le manichéisme délirant qui la sous-tend, le noir et le blanc étant des substances opposées dans leurs représentations respectives, on ne voit pas comment le Noir ne serait pas un trou du cul lorsque le Blanc est un demi-dieu sur terre, un être bon, intelligent, humain, radieux, pur et propre, pour ne citer que ces traits positifs que les Occidentaux se sont arrogés sans demander leur reste. Et le racisme est aussi une forme d’inquiétude plus ou moins vive par rapport à l’immuabilité de l’ordre mythologique qui garantit l’élection divine des uns et la damnation des autres. En insultant passionnément et activement les Noirs, Trump le raciste les situe à leur place naturelle, et se rassure de ce que l’ordre injuste qui définit cette place restera intact.
Mais dans le même temps, en sa qualité de chef de l’Etat américain, Trump s’en donne à cœur joie d’assouvir son désir d’humilier Obama dont le seul tort n’est pas tant d’être d’un parti politique opposé mais d’origine africaine. Toutefois, avec la naïveté démentielle d’un esprit déréglé, Trump en nous insultant de trou du cul, dit tout haut ce que pensent tout bas les Blancs, tous autant qu’ils sont, qui nous enfoncent dans la merde depuis des siècles, avec la certitude que leur bonheur est au prix de notre malheur.

Bidosεsi Albert

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