
Africains, Noirs, la communauté chinoise à Paris est un chouia à côté de la vôtre. Mais regardez comment ils sont sortis massivement dehors pour protester la énième fois contre la mort de l’un des leurs dans la main de la police.
Africains, Noirs, il ne suffit pas de dire tout le temps « nous les Noirs, nous les Africains » et patati et patata, alors que dans la pratique vous ne manifestez spontanément aucun geste d’unité, de solidarité et de communauté envers vos congénères ; conditionnés que vous êtes par les réflexes de mépris de soi que le système colonial vous a subtilement inculqués. Souvent, vous ne criez votre négritude que lorsqu’un Blanc vous a arraché votre masque blanc en vous rappelant perfidement que l’égalité Blanc/Noir n’est qu’un dormitif.
Africains, Noirs, rougissez autant que faire se peut du décalage entre vos proclamations tonitruantes d’identité noire et votre désunion concrète. Ressemblez moins à ces chiens isolés dans leurs niches chez leurs maîtres res- pectifs, qu’aux loups épris de liberté et doués d’un sens aigu de leur communauté.
Les Chinois vous montrent le chemin, ce n’est pas un casse-tête que de le suivre, pacifiquement mais fermement comme des Ba’ntu ou des È̩nìàn dignes de ce nom.
Anh Bandong

Aux États-Unis, naguère, c’était le Black Lives Matter ; à Paris, les Chinois disent à leur manière « Chinese Lives Matter »…