
Une autre affaire de cocaïne défraie le chronique à Cotonou. Toujours en rapport avec des arrivages portuaires, des conteneurs provenant du Brésil. De quoi mettre l’Ocertid et la gendarmerie maritime sur la braise…
L’Affaire, on peut s’en douter, a un air de famille avec le précédent, celui désigné sous le nom du puissant allié en rupture du pouvoir, M. Sébastien Ajavon.
Le Trafic de Drogue, une Réalité Béninoise
D’après le Procureur, le Bénin n’échappe pas au commerce de la drogue auquel la sous-région ouest africaine est confrontée. Il s’agit d’un trafic en pleine expansion de cocaïne en provenance d’Amérique du sud, d’héroïne en provenance d’Asie et autres. Et d’ajouter « Le trafic favorise le blanchiment des capitaux et entretient des réseaux criminels et terroristes. » On ne saurait être plus clair. Voilà qui bat en brèche le scepticisme euphorique de Monsieur Ajavon, qui considérait dans une déclaration faite à l’issue de sa garde à vue, que le Bénin avait d’autres choses à faire que de la drogue, et que vu le prix de ces produits le Béninois moyen n’avait pas de quoi s’en procurer. Une habile tentative de dédramatisation, qui feint de confondre la fonction de plateforme et celle de terminal de consommation.
Ce que l’Affaire n’est pas
On s’en souvient, l’Affaire Sébastien Ajavon a soulevé un tollé monstre au sein de la société constituée et du peuple, ou ce qui en tient médiatiquement lieu. L’opinion — sous réserve des protestations tarifées, dans un pays où la famine est un déterminant politique majeur — l’opinion médiatisée ne voulait pas qu’on touchât à Sébastien Ajavon, dépeint par certains sous les traits d’un Robin des Bois national. D’instinct et dans une belle unanimité, peuples et représentants plus ou moins autoproclamés n’ont vu dans l’affaire qu’un coup monté de Talon pour éliminer son frère en rupture. Cabale typiquement béninoise, dans le plus pur style de la haine de soi qui nous a tenus dans la division et la régression depuis plus d’un siècle — Béhanzin/Tofa, Apithy/Ahomadégbé, etc…
Monsieur Talon s’est inscrit en faux contre cette vision cabalistique en fustigeant le fait du péché qui se drape dans les oripeaux du fait de gloire, heureusement mis à nu sous l’œil de Dieu.
Arithmétique Impertinente
Avec cette nouvelle affaire de cocaïne, il n’y a pas que la provenance brésilienne des conteneurs qui étaye l’air de famille avec l’Affaire Sébastien Ajavon. Il y a aussi la quantité qui est parlante. Avez-vous constaté que 54 = 18 x 3 ? Cette arithmétique n’est pas le fruit du simple hasard. Elle est la traduction scalaire de la volonté de Talon à sévir. Talon proclame par-là que dans l’Affaire Sébastien Ajavon, la vérité est trois fois de son côté, et qu’il est décidé à frapper trois fois plus fort s’il le faut… A bon entendeur, salut…
Adekoya Badero
