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Dynamiser le Secteur de la Médecine Endogène, une Promesse de Talon en Voie de Réalisation

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En dépit des progrès de la science et particulièrement de la médecine conventionnelle, 80% de la population béninoise continue d’avoir recours à la médecine et à la pharmacopée traditionnelles pour venir à bout de diverses affections. En décidant de mettre en place dans un proche avenir un laboratoire de recherche et d’innovation de référence pour les médicaments à base de plantes, le gouvernement veut donner un coup de pouce à ce sous-secteur et mieux protéger la santé des populations. C’est ce que nous confirme le professeur Roch A. Houngnihin, coordonnateur du Programme national de la pharmacopée et de la médecine traditionnelles au ministère de la Santé.

La Nation : Monsieur le coordonnateur, comment se porte aujourd’hui le sous-secteur de la médecine traditionnelle et de la pharmacopée au Bénin ?

Prof Roch A. Houngnihin : Rappelons tout d’abord que la médecine traditionnelle se rapporte à l’ensemble des connaissances, des produits et des pratiques médicinales utilisés pour diagnostiquer, traiter ou prévenir un déséquilibre physique, mental ou social et qui reposent sur les expériences antérieures et des observations transmises oralement de génération en génération, mais aujourd’hui, de plus en plus par écrit.
La médecine traditionnelle béninoise fait partie des plus riches du continent africain. D’une part, parce que le peuple béninois a su protéger jalousement ses pratiques ancestrales de guérison, transmises par ses sages respectés de tous. Ces pratiques constituent aujourd’hui un véritable patrimoine culturel et scientifique qui fait la spécificité de notre pays. D’autre part, du fait de la vivacité de ces pratiques, beaucoup de nos forêts sont restées intactes, en raison des divinités qu’elles abritent. Ces forêts renferment une grande diversité d’espèces végétales, animales ou minérales, et sont une source d’approvisionnement extrêmement importante pour de nombreux praticiens de la médecine traditionnelle.
Aujourd’hui, plus de 10500 tradipraticiens délivrent une grande partie des services de santé à 80% de la population. En appui au système de santé, ils font face à un accroissement des maladies chroniques (diabète, hypertension, cancers, etc.) concomitamment avec les maladies infectieuses et parasitaires persistantes (paludisme, tuberculose, Sida, etc.).
On peut donc dire que la médecine traditionnelle se porte relativement bien au Bénin. Cependant, de nombreux défis restent à relever, notamment en ce qui concerne la protection des propriétés intellectuelles et des connaissances, la collaboration avec les professionnels de la médecine conventionnelle, la prolifération des charlatans et la documentation des pratiques, que ce soit les pratiques en matière de médecine traditionnelle générale, de santé mentale, d’accouchement traditionnel, de traitement des fractures, de soins curatifs et préventifs, etc.

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